Rendez-vous en ligne : quand les start-ups font la cour aux médecins

Un marché en pleine expansion

Quand on pense e-santé, on pense souvent appli, objet connecté… Mais pour les libéraux, le service le plus concret que le numérique puisse offrir reste pour l’heure assez terre-à-terre : il s’agit de prise de rendez-vous en ligne. Un marché où les médecins sont les clients.

 

D’un côté, il y a les médecins, encore peu nombreux, qui créent leur start-up. Et de l’autre, il y a l’immense masse de ceux qui sont de potentiels clients pour les entreprises de e-santé. Ces boîtes font les yeux doux aux praticiens en leur promettant de simplifier leur secrétariat. En jeu : un marché de 130 000 personnes, si l’on s’en tient au nombre de libéraux en France.

Doctolib.fr est clairement le leader du marché : ce nouveau-venu dans le domaine, fondé notamment par certains des créateurs du célèbre lafourchette.com, revendique 2,5 millions de visites sur son site tous les mois. Derrière, les concurrents sont nombreux et souvent adossés à de puissants partenaires : de mondocteur.fr (Doctissimo) à rdvmedicaux.com (Vivendi), en passant par docavenue.com (Cegedim), le secteur aiguise les appétits.

Marketing

Ces start-ups ont des produits relativement similaires : en plus de la prise de rendez-vous, elles offrent toutes un logiciel de gestion de l’agenda, par exemple. Leurs modèles économiques ne divergent pas non plus significativement : le service est gratuit pour le patient, et le prix est de l’ordre de 100€ TTC par mois pour le médecin. Reste le marketing.

Stanislas Niox-Château, président et co-fondateur de Doctolib, met en avant le trafic généré par son site : « 2,5 millions de visiteurs, c’est cela qui compte », indique-t-il. Mondocteur insiste sur l’implication de ses clients : « Nous enrichissons notre produit tous les mois en co-construction avec les médecins », explique Célia Galas, directrice marketing de l’entreprisse. Alain Missoffe, président de Cegedim Healthcare Software, vante quant à lui l’exhaustivité du service de Docavenue : « c’est le choix d'une solution qui intègre toutes les contraintes de l'exercice libéral d'un médecin », assure-t-il.

Les équipes de ces sites sont de plus en plus importantes, et parviennent à approcher de plus en plus de médecins. « Nous avons été cinq pendant neuf mois », raconte Stanislas Niox-Château, de Doctolib. « Puis nous avons commencé à recruter : nous avons maintenant 160 salariés et 15 bureaux en France, ce qui nous permet d’aller à la rencontre des professionnels ».

Une marge de progression importante

Ces efforts de marketing semblent indispensables, car tous les médecins ne sont pas convaincus des bienfaits des sites de prise de rendez-vous en ligne. « Il y a un côté "concurrence" qui ne me plaît pas, c’est comme si le patient faisait son marché parmi tous les médecins proposés », explique par exemple Pierre*, généraliste parisien. Ses patients peuvent prendre rendez-vous par Internet, mais ils doivent passer par son propre site.

D’après Célia Galas, de Mondocteur, « seulement 1 ou 2% des médecins utilisent les sites de prise de rendez-vous en ligne ». Les 98% restants restent à conquérir. Un chiffre qui, si l’on se fie au nombre de commerciaux qui démarchent tous les jours les libéraux dans tout le pays, est appelé à diminuer très prochainement.

* Le prénom a été changé

Source: 

Adrien Renaud

Portrait de La rédaction

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