Regrouper les radiologues pour éviter les déserts radiologiques

Des radiologues libéraux français ont choisi de se regrouper depuis 2 ans d’abord dans la Compagnie Générale de l’Imagerie Médicale (CGIM) puis depuis 2018 dans le groupe Vidi. Pour notamment donner un accès aux examens de radiologie sans nécessité de parcourir de longues distances sur tout le territoire.

Avant que les radiologues soient remplacés par l’intelligence artificielle pour la lecture d’imagerie – comme on nous le prédit depuis des années – le monde de la radiologie va vivre des années particulières. L’investissement croissant pour l’achat et la maintenance des machines va croitre, l’obtention d’autorisation pour les appareils va se complexifier afin de répondre au mieux à la demande. La place de la télé radiologie va augmenter pour pouvoir, dans un contexte de limitation des ressources médicales, donner un accès aux examens de radiologie sans nécessité de parcourir de longues distances sur tout le territoire. Afin de répondre à l’ensemble de ces défis, des radiologues libéraux français ont choisi de se regrouper depuis 2 ans d’abord dans la Compagnie Générale de l’Imagerie Médicale (CGIM) puis depuis 2028 dans le groupe Vidi.

En dix ans 1 500 pharmacies sur 21 000 ont fermé

Pourquoi cette idée de rapprochement a-t-elle été adoptée ? On peut imaginer que les radiologues ne souhaitent pas voir leur domaine d’expertise vivre les moments difficiles que deux autres professions de santé qui ont en commun de nécessiter des investissements importants – la pharmacie et la biologie - ont vécu récemment. Ainsi, en dix ans 1 500 pharmacies sur 21 000 ont fermé leurs portes, les « petites » pharmacies ont été regroupées dans le cadre de réseaux commerciaux qui sont devenus de plus en plus forts mais qui imposent des règles de fonctionnement aux professionnels. C’est aussi le cas des laboratoires de biologie médicale qui désormais sont eux aussi de plus en plus souvent sous la houlette de grands groupes.

40 centres de radiologie regroupés sous le nom de Vidi 

Quand la CGIM a été créée en 2017, elle a d’abord regroupé 14 cabinets de radiologie et 207 radiologues libéraux. Deux ans plus tard, et sous le nom de Vidi, 40 centres de radiologie sont regroupés, 700 radiologues (sur un total de 8 885 en 2018, selon les statistiques de l’Ordre National des Médecins) y travaillent en collaboration avec 3 500 salariés (manipulateurs radio, secrétaires…). 5 millions de patients en 2019 ont bénéficié d’examens dans 230 sites d’imagerie équipés de 95 IRM, 90 scanners et 12 EOS (détecteurs à haute sensibilité utilisant moins de rayons X). Contrairement aux réseaux de pharmaciens ou de biologistes, Vidi est fondé sur un actionnariat détenu à 100 % par ses centres. Pas de concurrence mais de l’entraide, par exemple quand un radiologue quitte un centre qui, de ce fait est menacé de fermeture, et qui peut grâce au réseau assurer des prestations de télédiagnostic.
 
Ce type de réseau permettra-t-il de conserver un tissu local et régional de centres de radiologie ? Vraisemblablement.
 

Portrait de Isabelle Catala

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