Recertification : la CSMF dit oui, mais…

Mais avec le beurre, l’argent et le reste

Au cours d’une conférence de presse organisée le 26 avril, la CSMF a donné sa vision et posé ses conditions à la mise en place d’une recertification pour les médecins. Elle fonctionnerait par cycles de cinq à six ans, et serait gérée par la profession.

Plutôt que d’attendre un projet gouvernemental et de râler ensuite, la CSMF a choisi la solution offensive. Quitte à court-circuiter les réflexions qui doivent déboucher sur un rapport prévu pour septembre, et auxquelles les médecins libéraux n’ont pas été conviés. Le sujet est délicat, et en faisant des propositions en faveur d’une recertification, la confédération ne va sans doute pas se faire que des amis – l’UFML-S n’a d’ailleurs pas tardé à s’insurger.

La CSMF soutient la mise à jour des connaissances, mais elle est peut-être un peu gourmande sur les conditions qu’elle pose. En résumé : un cycle de recertification de cinq à six ans, géré par la profession, avec une ingérence universitaire limitée, sans contrôle administratif ou académique. Et puis, si possible, avec un petit billet quand même !

Plus on est de fous…

Entre la formation informelle (congrès, réunions médicales, e-learning etc.), l’évaluation des pratiques professionnelles dans les établissements de soins, le DPC ou l’accréditation des spécialités à risque, la formation continue existe déjà, rappelle la CSMF dans un communiqué. Mais pour le syndicat majoritaire, il faut aller plus loin, tant dans la démarche individuelle que d’équipe, et regrouper ces formations dans la recertification.

Mais attention, « les médecins n’accepteront jamais de repasser des examens tout au long de leur vie professionnelle », souligne-t-elle. Pas question, donc, de laisser à l’université un rôle trop important. Les conseils nationaux professionnels (CNP) et le Collège de médecine générale, tout comme l’Ordre des médecins, n’ont pas la structure ou la vocation à gérer la recertification. La HAS peut « garantir la mise à jour des connaissances ». Mais pour le reste, en tant qu’agence d’État… Disons qu’on n’aime pas !

La CSMF propose une commission « composée de tous les acteurs impliqués (Université, Cnom, agence du DPC, HAS, CNP) et de professionnels de santé issus des différents modes d’exercice, subdivisée en deux sous-commissions : l’une pour les médecins et l’autre pour les paramédicaux ». Le tout hébergé par la HAS.

CEQP, E3P ou ACP ?

Niveau financement, l’assurance maladie ou les collectivités devront prendre en charge la recertification liée aux orientations de la politique de santé. Étonnamment, pour ce qui concerne la pratique spécifique, la CSMF suggère en revanche que les médecins pourraient financer la formation eux-mêmes ! Ah oui, mais avec une contrepartie fiscale, quand même… On est rassurés ! Et puis la formation serait indemnisée, sur le modèle du DPC ou de l’accréditation.

Alors, convaincu ? Les réactions commencent à fleurir doucement sur Twitter. Avec sa réactivité sur les réseaux sociaux et le sens de la diplomatie qu'on lui connaît, Jérôme Marty, président du syndicat UFML, demande par exemple : « Vous voulez vraiment que ces gens-là décident pour vous ? Non ? La CSMF voudrait même qu’elle soit financée par les médecins ! », avant de proposer de rejoindre ses rangs. « L’urgence est de rendre son attractivité à la médecine libérale ! Ensuite, il sera temps de penser à la couleur des murs », poursuit-il.

La CSMF, de son côté, va même jusqu’à proposer trois noms : Certificat d’engagement de qualité et de pertinence (CEQP), Évaluation de la pertinence et des pratiques professionnelles (E3P) et Actualisation des compétences et des pratiques (ACP). Une préférence ?

Source: 

Jonathan Herchkovitch

Portrait de La rédaction

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