Quand l'hôpital se transforme en lieu de tournage

Bienvenue à Hostollywood

Le centre psychiatrique de Ville-Evrard, en Seine-Saint-Denis, est devenu un lieu de tournage incontournable pour de nombreux films et séries françaises. Immersion dans la Cinecittà du 93.


Croiser Catherine (Deneuve), Gérard (Depardieu) et Isabelle (Adjani) autour d’un café-noisette rance au Relais H, le fantasme de tout médecin/cinéphile ? A Ville-Evrard, c’est possible. L'établissement public de santé mentale (EPS) de Ville-Evrard, à Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis), est le secret le moins bien gardé du milieu du cinéma. S’il reste un des centre de soins psychiatriques les plus importants d’île-de-France, ses bâtiments non utilisés ont désormais une autre vocation : le cinéma !

Du blockbuster au projet de fin d'année

Du tournage étudiant au gros blockbuster en passant par les séries TV franchouillardes : tout le monde y passe. Barnabé d’Hauteville, sémillant chef décorateur, y va tout de go : « c’est un des lieux de tournage de prédilection pour les projets de fin d’année de la Femis (prestigieuse école de cinéma, ndlr) ».

Les pavillons de Ville-Evrard accueillent une quinzaine de tournages par an. Les plus vieux bâtiments datant du 16e siècle, il s'agit souvent de films historiques, mais on trouve aussi des séries policières comme Alice Nevers ou PJ. Les lieux ne servent pas uniquement de décor d’hôpital, mais se prêtent tout autant à incarner l'univers carcéral ou asilaire. Quant aux 90 hectares de parc, ils sont bien utiles pour filmer des scènes d’extérieur en forêt.

Du beurre dans les épinards

Dernière grosse production en date : Polina, adapté de la bande dessinée éponyme, où figure la plus américaine des French actresses, Juliette Binoche. A cette occasion, tout un étage a été transformé en internat pour jeunes danseuses russes, studio de danse compris.

« Il y a une vraie volonté de faire venir des tournages sur les lieux de soins pour les pathologies psychiques », déclare Rémi Seguin, le débonnaire responsable culturel en charge de la location des décors, qui précise que les (modestes) recettes sont employées à améliorer le quotidien des patients.

En ces temps de disette économique, va-t-on devoir accueillir des remakes de Sous le soleil dans les services dès lors qu'il faudra remplacer la machine à café ?

 

Source: 

Jean-Victor Blanc

Portrait de La rédaction

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