Le calcul est simple. On divise le nombre d’inscrits au nombre d’admis et on en déduit le taux de réussite. Assez bas, certes, mais c’est le jeu. Le jeu du concours de P1, actuellement nommée PACES (Première Année Commune des Études de Santé). Seulement voilà, ce fameux chiffre qui fait frémir tout prétendant au graal de la médecine, varie d’une ville à l’autre. Et c’est bien là que le bas blesse.
Quand certaines facultés jouissent des meilleurs taux de réussite, Lille Catho en tête (1 sur 5 !), suivie de Besançon, Rennes et Caen, d’autres universités pâtissent d'un pourcentage d’admis plus bas que la moyenne. C’est le cas de Montpelliers, La Réunion, Antilles-Guyane, Marseille et Toulouse. Avec un taux d’admission situé entre 8 et 10 %, soit 3 à 5 points de moins que la moyenne (12,9 % en France pour l’année actuelle). Tiens, c’est bizarre, on dirait que les villes ensoleillées sont les moins bien loties…
Même à Paris, on trouve une différence de 11,6 à 15,3 % de réussite entre les facs de Paris XIII et Paris VII. Certaines facs, par ailleurs, se situent dans la moyenne, comme Bordeaux et Paris XI.
La faute au Numerus Clausus ? En partie, oui. Puisque c’est lui qui définit à l’avance le nombre absolu d’heureux élus. D’où des disparités lorsque le nombre d’inscrits varie d’une année à l’autre. Mais ce n’est pas tout. Le numérus clausus est loin d’être le fruit d’une décision arbitraire. En effet, selon le Quotidien du Médecin, le gouvernement a voulu favoriser la réussite des futurs carabins dans les zones les plus fragiles.
D’où un gradient Nord-Sud (ou pluie-soleil) des taux d’admission en P1 très marqué. Bien sûr l’idée est louable, mais les résultats mitigés. Car un grand nombre d’étudiants se retrouveront dans des facs qui manqueront de professeurs pour les encadrer. C’est en tout cas l’opinion du Pr Dominique Perrotin, président de la conférence des doyens, qui répondait au Quotidien du Médecin. Alors faut-il s’exiler dans le Nord pour réussir médecine ? Ou être le meilleur dans une ville ensoleillée ? Ah, les inégalités ! Si on corrige les unes par d’autres, pas sûr qu’on arrive à les supprimer.
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What's up doc - publié par AP 24/01/2014
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