Plagiat, complaisance et… Sanctions !

Les condamnations pour plagiat des thèses de complaisance sont rares en France. Pourtant, le 19 décembre 2013, le tribunal a lourdement condamné Mme Christine Marchal- Sixou à 5 000 € d’amendes et 20 000 € de dommages et intérêts.

C’est l’histoire d’un réel plagiat pour une thèse de Paris-V. L’auteur, femme du doyen d’odontologie de l’université Pau-Sabatier de Toulouse, avait même été honorée d’une promotion pour ce travail usurpé !

Suite à une plainte de 2008 du thésard floué, Samer Nuwwareh, qui se voyait emprunter 44 pages sur les 61 de son mémoire, le tribunal correctionnel de Paris a condamné Mme Marchal-Sixou et ses 150 pages de thèse. Comble de l’histoire, à la soutenance, personne n’a repéré que 10 autres pages encore étaient copiées peu ou prou d’un livre blanc de recherche médicale en odontologie, publié par un autre auteur… membre du jury de cette même thèse !

Le jugement note en page 18 : « Le tribunal constate du surcroît que cette contrefaçon est d’autant plus inacceptable qu’elle a été commise dans le cadre d’une thèse portant sur le domaine de l’éthique médicale ».

La complicité de son doyen de mari n’a pas été retenue : « ces éléments qui relèvent de l’éthique et de la déontologie ne caractérisent pas une complicité au sens pénal ». C’est aux juges de sanctionner les délits, mais aux seules instances universitaires de traiter les écarts déontologiques et éthiques, précise sur son blog1 Jean-Noël Darde, maître de conférences en sciences de l'information et de la communication à Paris-VIII Saint-Denis.

Attendons donc la suite de cette aventure…

 

*Hervé Maisonneuve est médecin, professeur associé de santé publique, avec une activité de formation en rédaction scientifique, et blogueur : www.redactionmedicale.fr

 

1. Archéologie du « Copier-coller » par Jean-Noël Darde : archeologie-copier-coller.com

Portrait de La rédaction
article du WUD 17

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