Permanence des soins hospitalières : SNPHARE et Amuf tapent du poing sur la table

Dans un nouveau communiqué de presse, le SNPHARE et l’Amuf revendiquent de nouvelles attentes, dans l’optique d’une deuxième phase du Ségur de la santé. 

Profondément déçus par les résultats du Ségur, les deux syndicats tapent du poing sur la table. Ce qu’ils expriment, c’est un manque de reconnaissance de la permanence des soins. Une problématique pourtant abordée deux fois lors de la consultation. Et balayée aussitôt par le ministère... mais pas que ! Par les signataires aussi. Bon, alors qu’est-ce que le SNPHARE et l'Amuf revendiquent? 

À quand de la considération?

Ils se désolent face à un tel manque de reconnaissance de l’activité d’urgence des établissements. Exemple : une « garde » sur trois n'est pas décomptée dans le temps travaillé. Ce qui représente ni plus ni moins 500 000 euros d’économie CHAQUE JOUR pour l’État. Oh bah après tout… c’est quoi 500 000? Des broutilles. Autre point qui fait rugir les syndicalistes : l’activité d’astreinte n’est pas reconnue comme du travail effectif. Seul les temps de déplacements sont reconnus comme du temps de travail.

La reconnaissance financière

L’inéquité financière est également évoquée. En effet, le travail de nuit sur place est soumis à une indemnité dont le montant varie du simple au double selon le statut hospitalier ou hospitalo-universitaire des praticiens, pour un travail identique. Ça laisse à désirer... Sans compter le travail de nuit en astreinte (ou « garde déguisée », appelez ça comme vous voulez) qui connaît des variations de rémunérations en totale inadéquation avec le travail réellement réalisé. Pendant la consultation, seule une revalorisation de  20 % du tarif des gardes a été évoquée puis rapidement abandonnée, tandis que la réévaluation du temps de travail a été d’emblée refusée.

Et la pénibilité dans tout ça?

C’est franchement plus un secret pour personne : tout le monde sait que le travail de nuit a des incidences directes sur la santé et sur l’équilibre vie professionnelle/vie privée. Un peu négligé, le travail de nuit est pourtant une activité clinique importante en temps et majeure en investissement. Bah oui, parce que quand il faut travailler la nuit, le dimanche ou les jours fériés, il faut quand même faire face : à la fatigue, à l’effectif réduit et sans oublier la prise en charge de pathologies graves. « Il s’agit d’un travail dont la pénibilité est majeure, très mal reconnue, facteur profond de démotivation et d’épuisement des praticiens, poussant de nombreux praticiens à abandonner une carrière hospitalière », soulignent les syndicalistes dans leur communiqué. 

Et de menacer : si le chantier de de la permanence des soins ne rouvre pas, le SNPHARE et l’AMUF avertissent les pouvoirs publics de départs massifs ou de reconversions des praticiens de l’urgence. Ce qui mettra en péril la santé de nos concitoyens tous les jours, et ce, à l’aube d’une deuxième vague de Covid. 

 

Portrait de Mélanie Philips

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