Osons la rupture pour notre système de protection sociale !

La question du financement de nos dépenses de santé et, plus largement, de l’organisation de l’Assurance Maladie doit être posée. C’est la condition pour sauvegarder les principes fondateurs de notre système.

L’Assurance Maladie est une institution à laquelle les Français sont attachés car elle est à la base de notre pacte républicain.Malgré une succession de réformes, la pérennité de notre système est aujourd’hui menacée et son avenir questionné. Les déficits, d’abord qualifiés de « temporaires », sont devenus aussi permanents que structurels et grèvent aujourd’hui la croissance de la France en même temps que la compétitivité des entreprises.

Dans le même temps, l’opposition entre l’État et l’Assurance Maladie est devenue préjudiciable au pilotage d’un système en mal de légitimité démocratique, qui n’a connu aucune élection depuis 30 ans !

Parce qu’il s’agit de sauver la vision solidariste à la base de notre système, les responsables politiques doivent proposer aux Français des réformes ambitieuses. Des aménagements nesuffiront pas. Tandis que les efforts pour maîtriser les dépenses de santé doivent se poursuivre, il estnécessaire de conserver un financement collectif des dépenses et d’élargir les sources definancement. La mise à contribution de l’ensemble des revenus s’impose, notamment pourpréserver la compétitivité de nos entreprises.

En outre, il est urgent de revoir le pilotage de l’Assurance Maladie et de réaffirmer la légitimité de l’État. L’institution Assurance Maladie que nous connaissons aujourd’hui doit laisser la place à un système où État, partenaires sociaux, complémentaires mais aussi usagers décident ensemble des choix de financement et des grandes orientations.

L’appareil bureaucratique de l’Assurance Maladie doit pour sa part revenir à une mission plus technique de liquidation des dépenses et d’encaissement des recettes.

Enfin et surtout, notre système doit faire le pari de la confiance en accordant aux professionnels et aux établissements de santé l’autonomie dont ils ont besoin.

L’échelon régional doit devenir l’échelon de référence pour la gestion de notre système.

En la matière, seule l’expérimentation nous permettra de régénérer notre système de protection sociale.

 

Idées fortes

• Poursuivre la maîtrise des dépenses de santé ;

• élargir les sources de financement des dépenses de santé sans augmenter la fiscalité et en protégeant la compétitivité de nos entreprises ;

• mettre fin à la séparation État/Assurance Maladie en réaffirmant l'État comme seul pilote légitime ;

• associer plus fortement usagers et complémentaires au pilotage du système ;

• réaffirmer l’autonomie des professionnels et des établissements de santé ;

• régionaliser la gestion du système de santé.

Ces propositions pour la réforme de notre système ont été formulées par le Cercle Santé Innovation*, laboratoire d’idées indépendant dédié à la santé et à la protection sociale, fondé par l’ensemble des fédérations d’offreurs de soins et des représentants du monde libéral, sous l’impulsion de Gérard Larcher.

 

Gérard Larcher est sénateur-maire de Rambouillet et président du Cercle Santé Innovation (voir encadré « Idées fortes »).

Source: 

www.cerclesanteinnovation.fr

Portrait de Gérard Larcher
article du WUD 12

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