Objets connectés : les médecins ont encore du chemin à parcourir

Cette année, le salon de l’électronique de Las Vegas (Consumer Electronic Shows), a mis les objets de santé connectés à l'honneur. Alors oui, on peut le dire, la e-santé a la cote. Mais qu’en pensent les médecins ? Selon une enquête réalisée par l’Institut Odoxa pour Orange et la mutuelle MNH, la plupart d’entre eux la considère comme une « opportunité » aussi bien en terme de prévention (91 %) qu’en qualité des soins (81 %), notamment en ce qui concerne le suivi de maladies chroniques telles que le diabète de type 2. 
 
Pour la théorie donc, carton plein. Mais malheureusement, on ne peut pas en dire autant de la pratique. En effet, selon l'enquête, 62% des médecins affirment avoir déjà recommandé au moins un objet connecté médical, mais seulement 5 % des patients font mention d’une telle recommandation. Comment expliquer un tel écart ?

Le sondage révèle une méfiance généralisée envers ces petits objets. Chez les médecins comme chez les patients, 1 personne sur 2 voit la e-santé comme une potentielle menace pour le secret médical. Il serait à craindre une fuite des données sensibles personnelles du patient. Et cela pourrait en effet être un risque puisque, tout comme on peut se faire pirater ses données bancaires quand on achète un produit sur ie web, les résultats médicaux enregistrés sur smartphone ou tablette se transmettent au médecin par le biais d'internet. De leur côté, les assurances pourraient aussi s'en emparer pour choisir leurs clients. L'inquiétude des médecins est donc légitime. Mais, tout comme les logiciels type de paiement en ligne qui permettent de sécuriser les achats, l'e-santé bénéficie de ses propres programmes de sécurité. 

 
Une approche globale plus didactique pour présenter ces objets de santé connectés pourrait donc se révéler bénéfique pour intégrer la e-santé dans le quotidien des médecins... ainsi que dans celui des patients. 

 

Méthodologie « Baromètre 360 Santé »
Échantillon de patients interrogé par téléphone du 1er au 8 décembre 2014.
Échantillon de médecins interrogé par téléphone du 2 au 12 décembre 2014. 
 
* Patients : échantillon de 406 personnes atteintes de maladies chroniques ou d’affections longue durée issues d’un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
* Médecins : échantillon de 399 médecins spécialistes et généralistes
Portrait de La rédaction

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