Neurochirurgie : les smartphones au bloc

Les Paulistes ne déconnectent pas pendant les interventions

Tout le monde (ou presque) a un smartphone, alors pourquoi s’encombrer d’écrans ? Des neurochirurgiens brésiliens ont remplacé les moniteurs de neuro-endoscopie par des écrans d’iPhone. Et ça fonctionne !

Marre des torticolis après les chirurgies par neuro-endoscopie, après des heures à regarder sur le côté ? Assez des mains et des yeux qui se font la tête ? Des chirurgiens de São Paulo (Brésil) ont peut-être la solution. Elle passe (une fois de plus) par l’utilisation de smartphones.

Les neurochir’ brésiliens ont tenté de remplacer le moniteur vidéo relié aux endoscopes par un iPhone. Et visiblement, à en croire l’article qu’ils ont publié le 13 mars dans la revue Journal of neurosurgery, ils sont plus que satisfaits du résultat. En plus, ça coûte moins cher !

Le moniteur au rebut

Le système est simple. La procédure est la même, l’endoscope aussi, mais à la sortie, un adaptateur permet de brancher la partie invasive de l’instrument à un smartphone. Ensuite, les chirurgiens utilisent un logiciel de prise de photos ou de vidéos pour visualiser les images et opérer, avec le téléphone sous les yeux.

Pour leur étude, ils avaient gardé une sécurité : un moniteur relié par wifi au smartphone, qui retransmettait les images en direct. Ils avaient aussi gardé la possibilité de le brancher directement à l’endoscope, au cas où… Mais ils sont restés fidèles à leur iPhone, et n’ont même pas (presque pas) eu besoin de regarder leur moniteur habituel. Malgré la petite taille de l’écran et le champ stérile en plastique recouvrant l’écran – qui aurait pu interférer avec la qualité de l’image –, « aucun chirurgien n’a ressenti le besoin de revenir à l’ancien système », précisent-ils dans l’article.

Au total, 42 patients, âgés de 1 à 68 ans, ont été opérés sur plusieurs pathologies : angiomes caverneux, anévrismes intracrâniens, hydrocéphalies, hématomes sous-duraux et hématomes intracérébraux spontanés ou causés par des traumatismes crâniens. Avec, dans les limites statistiques et de sélection des patients, des résultats identiques à ceux obtenus lors de procédures classiques.

Tout bénef’

Et ça fonctionne encore mieux que prévu. « L’aspect le plus intéressant de ce projet réside dans le fait que notre but initial était de réduire la coût des dispositifs vidéo de neuro-endoscopie, mais qu’au final, nous avons testé une méthode nouvelle, plus intuitive et plus fluide », explique le Dr Mauricio Mandel, auteur principal de l’étude.

Les chirurgiens se sont en effet aperçus qu’il était finalement bien plus ergonomique d’opérer avec les yeux et les mains au même endroit, ce qui permet également de jeter facilement un oeil directement sur le patient. Le flux vidéo est plus facilement utilisable, pour l’enregistrement de vidéos, de photos, ou pour la transmission vers des écrans plus grands à l’intérieur ou à l’extérieur de la salle d’opération – voire même à l’autre bout du monde en streaming. Ce qui peut être utile pour la formation.

Pour leur étude, seuls des iPhone 4, 5 et 6 ont été utilisés. Mais le dispositif est compatible avec tous les smartphones. Moins cher, plus ergonomique, plus pratique, avec une haute définition (jusqu’en 4K), accessible à la diffusion… Il ne reste plus qu’à disposer de batteries suffisamment solides.

Source: 

Jonathan Herchkovitch

Portrait de La rédaction

Vous aimerez aussi

En débarquant dans le monde de la santé, les nanotechnologies ont démultiplié les facons d’agir sur les maladies. Voyage dans la médecine de l’...
Apporter des solutions thérapeutiques à des impasses oncologiques, c’est là le défi des nanoparticules. Dans bien des situations de cancéro...

Le gros dossier

 

Le magazine What’s Up Doc est édité par l’agence Planète Med.