Négos conventionnelles : les jeunes médecins divisés

Un texte favorable aux généralistes qui fait des mécontents

Le feuilleton des négociations conventionnelles devrait trouver son épilogue mercredi prochain. Si les syndicats seniors brillent leur désunion, c’est aussi le cas des syndicats de jeunes. Plongée en terre de discorde.

 

C’est un peu comme si, à la fin d’un marathon, on avait tout à coup décidé de repousser la ligne d’arrivée de quelques kilomètres. Alors que les négociations conventionnelles devaient trouver leur terme hier soir, le dénouement a été reporté à mercredi prochain. What’s up Doc en a profité pour faire le tour des organisations de jeunes médecins. On ne peut pas dire que l’ambiance soit au consensus.

« Les spécialistes oubliés », déplore la CSMF Jeunes Médecins

« Il faut être honnête, cette convention est plutôt favorable à la médecine générale », reconnaît le Dr Yannick Frezet, patron de la section « jeunes médecins » de la Confédération des syndicats médicaux de France (CSMF). Celui-ci fait notamment référence à la revalorisation du C à 25 euros.

Mais ce point positif est aussi pour lui le principal grief que l’on peut faire au texte. « Les spécialistes et le secteur 2 sont complètement oubliés », assène le syndicaliste. « Quand on regarde les revalorisations au-delà du C, on n’est pas loin de zéro. »

« Enfin l’égalité tarifaire », applaudit le SNJMG

Or, les autres syndicats de jeunes médecins contactés par la rédaction sont plutôt favorables à la convention dans son état actuel. Le Dr Émilie Frelat, présidente du Syndicat national des jeunes médecins généralistes (SNJMG), se réjouit notamment de la prochaine égalité tarifaire entre les généralistes et les autres spécialistes.

Vingt-cinq euros pour tout le monde, voilà qui la met en joie. « La médecine générale est considérée par un certain nombre de "grands pensants" comme une sous-spécialité », remarque-t-elle. « Il est temps que notre travail soit valorisé. »

« Et les autres professions de santé ? », demande Reajgir

Même son de cloche du côté du Dr Jacques-Olivier Dauberton, président du Regroupement autonome des jeunes généralistes installés et remplaçants (Reajgir). « Le C à 25 euros, c’est bien, mais cela occulte les autres éléments positifs de la convention », remarque-t-il, citant notamment la prime à l’installation de 50 000 euros pour les médecins qui choisiront un désert médical pour terre d’accueil.

Le président de Reajgir regretterait presque l’effort financier sans précédent consenti par les pouvoirs publics dans le cadre de cette négociation – plus d’un milliard d’euros de dépenses supplémentaires. « Nous défendons les médecins, mais nous ne perdons pas de vue le fait que la convention aura un impact sur les autres professions », remarque-t-il. « l’État ne pourra pas faire le même effort pour les autres, or l’avenir est à une exercice pluriprofessionnel, qui devrait impliquer des négociations pluriprofessionnelles. »

L’exact opposé de la position de Yannick Frezet, de la CSMF « Jeunes médecins », qui voudrait que la convention fasse un effort supplémentaire pour les spécialistes. On ne saurait diverger davantage.

Source: 

Adrien Renaud

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