Lune de miel entre la CSMF et le ministère

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Axe majeur de la réforme du système de santé à venir, la pertinence des soins était au centre des débats à l’université d’été de la CSMF, qui s’est déroulée du 14 au 16 septembre. Et ça tombe bien !

La Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) a fait son retour dans la convention médicale, après les promesses d’Agnès Buzyn de s’affranchir des sujets qui fâchent (tiers payant généralisé, article 99 de la loi de financement de la sécu, coercition…). Affichant une confiance mutuelle retrouvée, CSMF et pouvoirs publics se sont associés pour l’université d’été du syndicat médical dominant : Agnès Buzyn, le directeur général de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) ou encore la présidente de la Haute autorité de santé (HAS) étaient présentes pour l’évènement annuel.

Mais à quelques jours de la présentation d’une réforme globale du système de santé, l’heure n’était pas aux annonces. La ministre de la Santé et le président de la Cnam ont tout fait pour esquiver les sujets chauds du contenu des projets (études de médecine, évolution des tarifications, assistants médicaux...). Ils ont en revanche pu afficher leur attachement au thème du weekend : la pertinence des soins.

Gagnant-gagnant-gagnant

« Le système de santé inventé à l’après-guerre est très cloisonné », a reconnu Agnès Buzyn lors de son discours d’ouverture. « C’est un système qui est adapté aux pathologies aiguës, mais beaucoup moins aux maladies chroniques ». Et pour redonner du sens au travail des soignants, améliorer la prise en charge des patients et (pourquoi pas) faire des économies, la « réforme systémique » voulue par la ministre engagera l’hôpital, la ville et tous les acteurs institutionnels dans une optique « gagnant-gagnant-gagnant ».

« Nous voulons faire de la pertinence et de la qualité, plutôt que de jouer sur des leviers tarifaires qui se basent sur la quantité », a-t-elle notamment déclaré, sous-entendant une réforme attendue de la tarification à l’activité (T2A) dans les hôpitaux, et la création de paiements aux parcours de soin pour les libéraux.

Un mariage qui rassure

En attendant la grande annonce prévue pour le 18 septembre, il faudra donc faire confiance à la ministre, qui affirme que cette recherche de qualité sera l’unique objectif, détaché des considérations financières immédiates. « S’il faut dépenser plus pour la pertinence et mieux soigner les patients, ce n’est pas un problème pour moi ; et s’il y a des économies de faites, il faudra qu’elles soient réinvesties », a-t-elle ajouté, assurant qu’une partie reviendrait aux professionnels.

L’opération de séduction mutuelle entre la CSMF et le ministère semble donc fonctionner. Agnès Buzyn jouit d’une sympathie non dissimulée des adhérents du syndicat, qui contraste avec l’accueil qu’ils avaient réservé à Marisol Touraine. Elle a même eu droit à une standing ovation à l’issue de son discours inaugural ! Rien que ça. À n’en pas douter, les négociations qui ont entouré le retour de la CSMF dans la convention et la préparation de la réforme doivent être en accord avec une ligne politique plus souple du syndicat. « La médecine de ville est prête à prendre ses responsabilités, et nous sommes prêts à nous engager dans la pertinence des soins », confirme Jean-Paul Ortiz, son président, qui a tout de même rappelé son attachement à la tarification à l’acte des libéraux.

Source: 

Jonathan Herchkovitch

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