© Alain Fischer photo X (ex-Twitter) / iStock
« Il n’y a pas une thérapie génique dont le prix soit raisonnable et cette situation ne fait qu’empirer », affirme le chercheur, ancien président de l’Académie des sciences, dans Le Quotidien du médecin de vendredi.
« C’est aussi vrai pour toutes les nouvelles thérapeutiques, depuis les biothérapies, comme les anticorps monoclonaux utilisés dans le cancer ou les maladies auto-immunes, jusqu’aux médicaments chimiques innovants, comme la trithérapie Kaftrio dans la mucoviscidose (…) ou les analogues du GLP-1 dans l’obésité », détaille l’ancien « Monsieur vaccin » du gouvernement pendant la pandémie de Covid.
Traitements hors d’atteinte
« Par conséquent, certains médicaments ne sont même pas disponibles car les autorités réglementaires estiment que leur coût par rapport au bénéfice est excessif », explique Alain Fischer, citant en France le Casgevy de Vertex Pharmaceuticals. Cette thérapie génique, autorisée en Europe pour traiter la bêta-thalassémie — une anémie sévère — et la drépanocytose sévère, n’est ainsi pas accessible.
Selon lui, « l’augmentation régulière du prix des médicaments innovants favorise une médecine de riches, comme c’est déjà le cas aux États-Unis ». Il évoque notamment le Lenmeldy, un traitement contre une maladie génétique héréditaire rare, la LDM, vendu « plus de 4,2 millions de dollars l’injection ».
« Le pire serait d’arriver à un tri en fonction des ressources du patient », en France, où « le système de solidarité est fragile », alerte-t-il, toujours dans les colonnes du Quotidien.
Logique de marché assumée
Si l’industrie pharmaceutique met en avant la capacité des médicaments innovants « à transformer la vie de patients » jusque-là sans traitement pour justifier leurs prix, ceux-ci sont en réalité fondés sur « ce que le marché accepte », poursuit Alain Fischer. « Selon des estimations, la part bénéficiaire pourrait représenter 75 % du prix du médicament, voire davantage ».
Il affirme ainsi que « certaines thérapies sont vendues au moins trois fois le prix de production », citant la fabrication de cellules CAR-T en Espagne.
Or, rappelle-t-il, la vingtaine de thérapies géniques actuellement sur le marché « ont été développées initialement par la recherche publique ». La société se retrouve donc « à payer deux fois, en finançant la recherche publique en amont et en payant très cher les médicaments une fois commercialisés ».
« Le bénéfice des nouvelles thérapies ne peut-il être partagé avec la société sous la forme de prix plus raisonnables ? », s’interroge-t-il, appelant l’État à mieux soutenir la recherche.
Avec AFP
Source:
AFP / Le Quotidien du médecin
A voir aussi
Gardasil 9 contre le HPV : toujours pas de nouveau risque identifié par l'ANSM
Les chiffres du médicament : quand certains traitements dépassent le million d’euros par patient et par an
Quétiapine, rispéridone, chlorpromazine... Où en est-on sur les pénuries de psychotropes ?
Tensions d'approvisionnement en propranolol jusqu'au mois prochain, adaptez vos prescriptions !
Diabète de type 1 : Sanofi obtient le feu vert de l'UE pour son immunomodulateur Teizeild
Les poids lourds de l'industrie pharmaceutique française quittent le plus grand syndicat représentatif
Les consommateurs de médicaments anti-obésité reprennent leur poids quatre fois plus vite qu'après un régime