Les sociologues médicaux condamnent les propos de Gilles Freyer

Pas content. Le Collège des humanités médicales dénonce un réel souci qui se cache derrière les propos du professeur de sociologie médicale de Paces et vice-doyen de l’université Lyon-Sud, Gilles Freyer.

Les sciences humaines ne sont pas un outil de propagande idéologique. Malheureusement, tout le monde n’est pas au courant. À la faculté de Lyon-Sud, le professeur Gilles Freyer est accusé d’avoir tenu des propos discriminatoires lors des cours de sociologie médicale. Les sociologues du Collège des humanités médicales (CHM) ont publié, le 11 juin, un communiqué qui condamne fermement le contenu de ses cours du Dr Freyer. Mais pas seulement. Les universitaires qui ont signé le communiqué souhaitent aussi « souligner les carences de l’organisation de la formation médicale actuelle ».

L’enquête du 22 mai, publiée par Médiacités et exposant le professeur, avait choqué les esprits des internautes, et notamment ceux de l’association nationale des étudiants de médecine de France (Anemf). Dans les enregistrements, on peut entendre le Dr Freyer prononcé un dicours à connotation raciste, homophobe et sexiste. L’asso’ avait d’ailleurs publié un communiqué sévère, réclamant des éclaircissements sur la situation et les responsabilités du vice-doyen lyonnais. Les sociologues du CHM, eux, s’accordent à dire que le problème est plus vaste qu’il n’y paraît. Il cache d’autres dysfonctionnements, plus fondamentaux. 

Un problème peut en cacher d’autres

Les élèves ne sont ni armés ni préparés pour affronter un discours aussi idéologique que celui du professeur Freyer, selon les sociologues du CHM. « Le premier problème concerne ce que l’on pourrait appeler “ l’assujettissement ” des étudiants de santé », en particulier les étudiants de Paces qui croulent sous les cours à apprendre et le tristement célèbre « bourrage de crâne » de la première année. Le CHM espère que les réformes engagées par le gouvernement veilleront à ce que ne perdurent pas des modalités d’apprentissage et de sélection abrutissantes ».

Les autres travers concernent le rôle et la responsabilité d’un professeur de sciences humaines de santé. Rôle qui devrait être appuyé par une formation académique. Les sociologues signataires rappellent que ces sciences humaines sont « un champ d’enseignement et de recherches internationales », et surtout pas « un hobby ni un enseignement de culture générale ». On ne s’improvise pas sociologue, comme on ne s’improvise (surtout) pas cardiologue. De plus, même si le savoir du professeur tient une place importante dans les cours, il ne doit en aucun cas être remplacé par « une tribune d’opinions individuelles, quelles qu’elles soient ». 

La sociologie au centre de la santé

Pour conclure, le CHM avance que l’enseignement des sciences humaines sert aux étudiants à faire le lien entre le monde de la médecine (leur futur emploi) et les enjeux sociologiques de notre société. Avec les étudiants, toute manœuvre d'influence est donc condamnable. À l’inverse, il souligne qu’avec les cours de sciences humaines, il faut « faire réfléchir sur les enjeux de leur métier, et notamment pour rendre visible la façon dont le racisme, le sexisme, l’homophobie, la transphobie et toutes les autres formes de discrimination peuvent émerger au quotidien dans les milieux de soin ».

Portrait de Angela Herrmann

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