Les psychiatres en grève, reçus au ministère de la Santé, «l’effondrement est proche»

Grève psychiatres

L’IDEEPP, le SPEP, le SPH et l’USP, en bref tous les syndicats de psychiatres d’exercice public se sont mobilisés aujourd’hui, pour une journée de grève, parce qu’il n’y a pas que les Urgences qui vont droit dans le mur.

30 % ce chiffre parle à lui tout seul. 30%, c’est le pourcentage de postes vacants de psychiatres à l’hôpital. Le communiqué de l’intersyndicale est alarmant et pour cause. Comment travailler dans de telles conditions ? Comment faire face ? « L’effondrement est proche ». Car si l’hôpital est tendu, la psychiatrie l’était déjà, et les crises, Covid, guerre en Ukraine n’ont fait qu’aggraver son cas (déjà au plus mal), avec « des vagues d’adolescents arrivant aux urgences psychiatriques pour geste suicidaire, angoisse majeure, dépression ».

Les départs de psychiatres en cascade, entrainent des cadences de travail insoutenables. Sans parler de la carence d’effectifs infirmiers, ne permettant plus de travailler correctement, avec un accueil de soins dignes, qui respectent la temporalité des patients.

Bien entendu la surcharge de travail administratif, véritable plaie de l’hôpital, est évoquée, car c’est elle qui rend les psychiatres indisponibles auprès des patients.

Depuis plusieurs années aux ECN, la spécialité ne fait plus le plein

Quand on parle de surcharge administrative, l’article 84 de la loi de financement de la Sécurité Sociale 2021 en est l’exemple frappant avec un nouveau dispositif très contraignant d’encadrement pour les décisions de contention et d’isolement. Le CGLPL, estime que « l’alourdissement du volet administratif de la prise en charge, bien que justifié », a conduit des médecins psychiatres à la démission dans une proportion inquiétante. Et autant dire que la filière n’avait pas besoin de ça.

D’autant qu’aux ECN, depuis plusieurs années, tous les postes d’internes en psychiatrie ne sont pas pourvus. 17% des postes étaient restés vacants en 2019, et le chiffre est loin de s’améliorer avec les années. Oui les psychiatres ont peut-être bien des raisons de s’inquiéter pour l’avenir de leur spécialité. Peut-être plus que les autres médecins pourtant aussi malmenés.

Le communiqué évoque aussi un management autoritaire, même parfois par la peur, de directions sourdes aux problématiques de soins.

Les psychiatres ont été appelés à un rassemblement devant le ministère de la Santé à 14h ou devant les ARS en province, et une délégation a été reçue cet après-midi à 15.00 au ministère. Elle n’en est, à l’heure où nous écrivons, pas encore sortie. Quelqu’un aurait l’ombre d’une solution ?

Portrait de Luc Angevert

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