Les infirmiers-anesthésistes manifestent pour exiger la « reconnaissance » de leur statut

Après trois semaines de mobilisation et des opérations « bloc mort » dans les hôpitaux, des collectifs d'infirmiers anesthésistes diplômés d'État (IADE) ont manifesté jeudi dans plusieurs villes pour exiger la « reconnaissance » de leur statut par les autorités.

Leur métier requiert un double master et « sept ans d'étude »: « trois ans d'école d'infirmière, deux ans d'exercice professionnel obligatoire, puis deux ans de spécialité anesthésiste après admission au concours », détaille Sylvie Moreddu, IADE mobilisée à Marseille avec une cinquantaine d'autres soignants.

Or cette spécialité est désormais « mise à mal » par la nouvelle possibilité offerte aux « infirmières de base » de devenir infirmières en pratiques avancées (IPA) et de réaliser, à l'issue d'une formation plus courte, des actes auparavant réservés aux IADES, estime-t-elle.

« Des gens qui n'auront pas passé de concours auront un statut plus valorisant que le nôtre », s'inquiète Cécilia Torrent, 42 ans, infirmière-anesthésiste à Auch (Gers) qui affiche sur sa blouse bleue « Sans statut, je suis à nu ».

Comme elle, plusieurs centaines d'infirmiers avaient fait le déplacement pour prendre part à la manifestation organisée à Paris entre Denfert-Rochereau et le ministère de la Santé.

Au-dessus des blouses bleues flottaient des banderoles « infirmiers anesthésistes en danger » ou encore « les IADES ont besoin d'1 dose de respect ».

A l'heure de la cinquième vague de Covid-19, plusieurs manifestants ont évoqué une « situation intenable », alors que les IADES sont particulièrement mobilisés dans les blocs opératoires, en réanimation ou encore aux urgences.

« On a eu sept départs sur une équipe de quinze ». « Burnout,(...) du jamais vu », confie Annick B., infirmière-anesthésiste à Compiègne depuis 29 ans.

Pour se protéger, les IADES exigent donc « un statut qui correspond à notre exercice quotidien, c'est-à-dire le statut d'AMPA : Auxiliaire médical aux pratiques avancées », permettant de reconnaître notamment leur autonomie, pose Isabelle, 50 ans, infirmière à Lyon, où une cinquantaine de personnes étaient rassemblées.

Sans cette reconnaissance, le mouvement continuera, promettent les soignants, déterminés à poursuivre leur grève. « Là on ne va pas s'arrêter », s'exclame Cécilia Torrent, soulignant que « les Sages-femmes ont eu un peu ce qu'elles voulaient » après maintes semaines de mobilisation.

Lundi, le gouvernement a annoncé la signature avec une majorité de syndicats hospitaliers d'un protocole d'accord pour les sages-femmes, incluant notamment une « prime d'exercice médical » de 340 euros net par mois et une augmentation salariale de 78 euros net en moyenne.

« Si eux l'ont obtenu, pourquoi pas nous », espère Annick B.

Avec AFP 

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