Les étudiants en LAS de La Sorbonne, recalés de médecine, déposent un recours au tribunal administratif

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Plusieurs étudiants en Licence Accès Santé (LAS) à l’université de La Sorbonne ayant échoué à l’entrée à l’examen pour intégrer la filière médecine, ont saisi le tribunal administratif pour tenter de faire annuler la décision du jury. Ils reprochent notamment à la faculté l’instauration d’un barème « injuste » et un « manque de transparence » dans les critères de notation. 

 

Les étudiants en LAS de La Sorbonne, recalés de médecine, déposent un recours au tribunal administratif

© Midjourney x What's up Doc

Ils étaient plusieurs dizaines à tenter d’intégrer les études de médecine cette année, profitant du décret ministériel fixant pour la première année à la Sorbonne une répartition égale des places dans les filières santé entre les filières PASS et LAS.

Seulement, au moment de consulter les résultats début juin, c’est la douche froide. Les étudiants se retrouvent avec des notes qu’ils estiment particulièrement en décalage par rapport à celles obtenues toute l’année. « Il avaient 15 de moyenne à l’année et se retrouve avec une note finale à 13,5 », s’offusque Camille*. 

« C’était notre dernière chance de candidater en médecine en France », se désole Laura*, qui a échoué l’an dernier en filière PASS. L’étudiante en LAS science de la vie explique que la répartition 50/50 fixée par la loi l’a poussé à candidater cette année, au regard d’une année satisfaisante. « Si j’avais su, je n’aurais pas grillé ma dernière cartouche cette année », grince-t-elle.

Cause de son échec selon elle, la note dossier - qui prend en compte le parcours depuis le baccalauréat - n’a pas été appliquée de la manière dont elle aurait dû l’être. « Les notes les plus récentes devaient être plus coefficientées », explique encore Camille, arguant que « la mise en valeur de la progression » constituait une promesse des examinateurs. 

Les étudiants, qui ont engagé un recours en référé pour tenter de faire annuler la décision, reprochent à la direction de La Sorbonne un « manque de transparence » et une « mauvaise communication » sur la notation. « On les a sollicités plusieurs fois, mais à chaque fois, ils disent que rien ne va changer, que le jury est souverain », poursuivent les étudiantes. 

Une « note seuil » surprise et trop exigeante 

Mais ce que déplorent le plus les étudiants, c’est l’instauration d’une « note seuil », dont ils assurent ne pas avoir été mis au courant de manière claire.  « Ils ont juste émis la possibilité d’instaurer une note seuil lors d’une réunion en mars », explique Laura, ce n’est jamais revenu par la suite »

Plus encore, les étudiantes pointent une « injustice » dans le calcul de cette note, fixée à 61/100 en médecine, contre 45/100 dans les autres filières de santé. 

Pour Myriam, élue étudiante à La Sorbonne et proche du dossier des LAS recalés, l’instauration de la note seuil « est une manière pour la direction de la faculté de contourner la loi » qui fixe à 50/50 la répartition des places en médecine entre les filières PASS et LAS. 

 « Ce sont des choses qui, malheureusement, sont assez classiques venant de cette université », réagit quant à lui Me Lionel Crusoé, l’avocat des étudiants, à propos du supposé manque de transparence dans la notation de certaines épreuves. 

L’avocat, qui va soutenir un manquement juridique au niveau du respect du décret ministériel, est un habitué de ce type de contentieux. « Une procédure d’il y a deux ans avait d’ailleurs identifié des irrégularités de la part de la faculté », ce qui avait conduit à annuler la délibération du jury. 

« Les jurys étaient souriants » 

Outre cette note seuil jugée injuste, et des critères d’évaluation sur dossier jugés « trop flous », les étudiants dénoncent également un « manque de transparence » y compris vis-à-vis du barème des épreuves orales.

D’autant plus qu’une grande partie des candidats sont ressortis « très confiants » des oraux. « Les jurys étaient souriants, ils me rassuraient en me disant que j’étais le genre de profil qui les intéressait », raconte Laura, qui explique que le choc de la note - 8/20 pour son cas - a été d’autant plus fort. Un sentiment que partageraient une quinzaine d’étudiants, selon elle. 

« Surtout qu’au vu de l’intitulé des épreuves (« projet professionnel » et « ma licence en 180 secondes », ndlr), il est difficile d’échouer, à moins de répondre totalement à côté de la plaque », renchérit Camille. Sur cette dernière épreuve – nouveauté de l’année – elle explique ne pas avoir reçu de consignes claires, à part « un mail de quelques lignes », il y a plusieurs mois.

Dans l’attente du dénouement administratif, les étudiants recalés de médecine ont toutefois été contraints de formuler leurs vœux pour l’année à venir. 

Laura a choisi maïeutique en espérant faire une passerelle plus tard vers les études de médecine. Elle n’exclut pas partir à l’étranger si c’est « le seul moyen de devenir médecin ». Un avis que partage Camille, qui a opté pour la kiné, en attendant un dénouement administratif qu’elle espère « rapide ».

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/plus-de-pass-ni-de-las-les-etudiants-veulent-une-licence-de-sante-unique

Cette année, 214 places en médecine étaient prévues pour la filière LAS. Alors qu’une cinquantaine d’entre elles n’ont toujours pas été pourvues, les étudiants de LAS redoutent qu’elles soient redistribuées à la filière PASS, qui attendent encore leurs résultats. Cette décision irait pourtant à l’encontre de la loi. 

Sollicitée par mail le 26 juin, la direction de La Sorbonne n’a pour le moment pas répondu à nos questions. 

*Les prénoms ont été modifiés, les intéressées souhaitant garder leur anonymat.

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