Le collectif Inter-Hôpitaux vote l'arrêt des réunions administratives et du codage T2A

La première assemblée générale du tout nouveau collectif Inter-Hôpitaux (CIH) a réuni ce jeudi soir environ 450 personnes qui ont préconisé la mise en œuvre des mesures urgentes suivantes : suspension des réunions administratives, arrêt du codage T2A, organisation d'événements… Deux motions ont été adoptées à une quasi-unanimité.

Trois amphis de faculté de médecine Pitié-Salpêtrière étaient pleins à craquer (environ 450 personnes) pour la première assemblée générale du tout nouveau collectif Inter-Hôpitaux (CIH) qui s’était associé pour l’occasion au Collectif Inter-Urgences.
 

De nombreux intervenants ont animé les débats. À l’image de Yasmina du collectif Inter-Urgences qui a déclaré : « À l’heure actuelle, on nous laisse mariner parce qu’on n’est pas assez, parce qu’on n’est pas assez large, parce qu’on n’est pas assez nombreux. Si on veut vraiment avoir plus d’impact, il faut vraiment qu’on soit plus nombreux, qu’on s’inscrive dans la durée pour ne pas flancher. » Et d’afficher la certitude suivante : « L’union fait la force, on n’est pas là pour cloisonner, on veut travailler tous ensemble. »

Quant au Pr Noël Garabedian, le président de la CME de l’AP-HP, il a pris le micro pour rappeler que sa commission avait voté à l’unanimité le 16 septembre la motion suivante :
 
« La CME de l’AP-HP soutient les demandes des services d’urgences, elle souligne que la crise touche l’hôpital public dans son ensemble. Elle demande que les mesures annoncées pour répondre à la crise des urgences soient intégralement financées sans être imputées au budget actuel des hôpitaux. Ces mesures doivent être à la hauteur de la gravité de la situation. »

Selon le collectif Inter-Hôpitaux, la priorité des priorités est « la mobilisation de tous les établissements, avec l'organisation d'assemblées générales permettant de mettre en œuvre les mesures les plus urgentes : suspension des réunions administratives, arrêt du codage T2A et organisation d'événements ».
 
Au final, deux motions qui ont été adoptées à une quasi-unanimité.
 
La première demande « un plan d’urgence pour l’hôpital public (voir ici la pétition) avec un financement à la hauteur des besoins de santé de la population ». Un financement qui devra passer par « des budgets supplémentaires et non se limiter à des redéploiements de financements existants ».
 
Font partie des demandes prioritaires :
- un changement de logique dans le financement de l’hôpital public avec l’abandon de la tarification majoritaire à l’activité (juste soin pour le malade au moindre coût et non la recherche du tarif rentable pour l’établissement). Et une augmentation du budget hospitalier (Ondam) à hauteur de l’augmentation programmée des charges (au minimum de 4%) ;
- une augmentation significative des salaires des personnels hospitaliers avec comme objectif la moyenne des salaires des pays de l’OCDE pour des postes équivalents (augmentation immédiate de 300 euros de tous les salaires).
- l’arrêt des fermetures de lits d’hospitalisation et l’ouverture de lits dans les services où il existe des besoins.

La deuxième motion a appelé à la création de collectifs Inter-Hôpitaux rassemblant toutes les catégories de personnels et des représentants des usagers, dans chaque établissement, afin de mettre en œuvre les actions suivantes pour garantir les meilleurs soins et le meilleur accueil des usagers et personnes malades :
- la suspension des activités non médicales non universitaires (notamment l'arrêt de la participation aux réunions sans implication immédiate pour le soin, avec les directions hospitalières, l’ARS ou le ministère, dans les GHT ou les GH).
- l’arrêt du codage T2A.
- des événements locaux ou régionaux pour rassembler les personnels et les usagers et rendre leurs revendications publiques.


 
La motion demande aussi l’organisation d’assemblées générales dans tous les hôpitaux et appelle à participer à la journée du 15 octobre organisée par le Collectif Inter-Urgences. Un autre rassemblement est prévu le 29 octobre à Paris, jour du vote solennel du PLFSS à l’Assemblée nationale.
 
Enfin, une grande manifestation réunira tous les personnels hospitaliers le 14 novembre à Paris.
 

Portrait de Julien Moschetti

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