J'irai faire un fellowship en Norvège

Partir c’est à double tranchant... Il faut toujours se poser les bonnes questions : pour qui ? Pourquoi ? Et en avoir envie... Il faut aussi savoir s’organiser, même si le rush final est souvent inévitable !

Après le clinicat, qui est souvent assimilable à un sacerdoce et qui nous a « chronophagé » pendant 2 ans, bon nombre d’entre nous ont envie de changement... Il existe plusieurs catégories d’aventuriers. Certains choisissent de partir pour s’ouvrir l’esprit et se perfectionner dans un pays étranger, d’autres pour épouser une carrière hospitalo-universitaire, guidés par leur « saint » patron – ou pas d’ailleurs – saisissant cette opportunité de l’étranger pour s’émanciper aussi et développer d’autres projets.

La mobilité, si on la résume, c’est le croisement de plusieurs ambitions aussi bien côté perso que pro : expérimenter un autre système de soins, chercher à s’améliorer et perfectionner sa pratique, tisser des collaborations internationales pour enfin échanger, s’aérer la tête, voir large, découvrir et développer d’autres projets. Bref, on se demande encore pourquoi ça n’est pas obligatoire !

Soit la voie est toute tracée : on marche alors dans les pas d’un de ses pairs « connectés » au reste du monde... Soit, par force ou par choix, on la joue débrouillard et on prospecte soi-même une terre d’accueil en convoitant par exemple les centres des auteurs publiant dans son domaine de prédilection... tout simplement au culot !

Clinique ou recherche ?

Différentes options cohabitent concernant le format du fellowship : « clinique » ou « recherche ». Cela dépend de soi et du pays aussi parfois. Il est important de cibler ses envies tout en étant cohérent sur son cursus.

Sur le versant clinique, le plus souvent, il s’agira d’un « clinical fellowship », une sorte de perfectionnement dans une spé. C’est d’autant plus le cas que, dans les pays notamment des USA et du UK, le clinicat généraliste tel qu’on le connaît n’existe pas. Chacun choisit une hyperspécialisation pendant un fellowship non obligatoire. Dans cette optique, il est indispensable de vérifier l’équivalence de ses diplômes et la nécessité de passer ou non un test d’anglais pour les pays anglophones du moins (par ex : pour l’Australie et la Nouvelle-Zélande, l’IELTS). Les clinical fellowships sont souvent de 1 an minimum, parfois de 2 ans, rarement de 6 mois.

Côté « recherche », le « research fellowship » peut être à différentes étapes de son cursus : année de Master 2, pendant son PhD ou en post-doc, à chacun de choisir. On part souvent un an, plus pour les intégristes du labo. Fait important, il n’est généralement pas nécessaire d’obtenir des examens particuliers concernant la langue...

La Norvège : contre toute attente, un excellent deal entre vie pro et perso

Le pays des Vikings fait d’abord partie de l’espace Schengen. Les partenaires européens sont un vrai atout dans le développement des projets translationnels et la continuité au retour, du fait de la relative proximité. La Norvège est à environ 3-4h de la France. C’est donc une dynamique de collaboration profitable à tous qui peut s’installer sur le long court.

L’influence anglo-saxonne est forte en Norvège où tout le monde parle anglais. Donc pas d’inquiétude, le norvégien n’est pas une obligation et l’amélioration de son english speaking fera partie des objectifs à atteindre.

Ce pays compte peu d’habitants, 5 millions seulement, mais ils sont extrêmement bien organisés et structurés dans leur fonctionnement. C’est un pays riche et ça se sent dans la qualité de l'environnement au travail.

Enfin, et ça n’est pas négligeable, les fjords ne sont pas qu’un eden de carte postale : il s’agit là d’un trésor de la nature pour peu que l’on n'ait ni peur du froid ni de la bizarrerie des fuseaux horaires... Une expérience qui n’a rien à envier aux autres grandes terres classiques de fellowship !

Le bon conseil : envisager un an minimum en Norvège

Oslo est une ville en plein boom culturel, suffisamment pour ne pas s’ennuyer une seule journée sitôt sorti de l’hosto. L’année défile à toute vitesse en fellowship. On distingue 3 phases consécutives, que chacun vit dans cette aventure. L’arrivée, d’abord, est plus ou moins longue en fonction de l’adaptation de chacun. Vient ensuite l’immersion dans le développement de son projet et l’extase de la vie d’expat' – si si, vous verrez ! –. Et puis, le grand rush... on est toujours en retard sur tout, on n’arrivera jamais au bout... et surtout, il faut penser à « l’après ».

Finalement, la durée du fellowship est un choix à la fois personnel, fonction de sa situation familiale et financière, tout autant que professionnel, dépendant de ce qui arrive ensuite. Mais quoi qu’il en soit... Ça n'est jamais assez ! 

Portrait de Charlotte Vaysse
article du WUD 25

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