Il pleut des primes pour les médecins hospitaliers

Marisol Touraine veut rendre les carrières publiques plus attractives

La ministre de la Santé a annoncé hier matin une série de mesures destinées à rendre les carrières médicales dans le public un peu plus sexy. Les syndicats se disent satisfaits, mais attendent de le voir pour le croire.

Un ministre de la Santé fait des annonces, et les médecins sont (presque) satisfaits. Oui, c’est arrivé, en France, aujourd’hui. Marisol Touraine dévoilait hier matin son plan pour l’attractivité des carrières médicales dans le public. Il semble bien qu’elle ait réussi à convaincre les syndicats… qui se refusent toutefois à désarmer totalement.

Les annonces du jour intervenaient en pleine période de tensions pour la ministre. Elle vient en effet d’essuyer une grève des médecins hospitaliers, et une autre est officiellement toujours prévue pour le 12 octobre. C’est probablement pourquoi, à quelques mois des présidentielles, Marisol Touraine a mis le paquet.

Le temps et l’argent

Elle a notamment dévoilé une série de primes à l’intention des hospitaliers : prime d’engagement (entre 10 000 et 30 000 euros) pour inciter les jeunes diplômés à choisir une carrière hospitalière, prime d’exercice territorial (entre 250 et 1000 euros) pour valoriser le temps de travail partagé entre plusieurs établissements, revalorisation de l’indemnité d’engagement de service public exclusif (qui passe de 490 à 700 euros)…

Mais il n’y a pas que l’argent dans la vie. Le point dur, c’était le calcul du temps de travail. Et sur ce sujet, les médecins hospitaliers ont obtenu des avancées. Ou plutôt des promesses d’avancées. Marisol Touraine a en effet assuré qu’elle allait s’attaquer au problème du décompte du temps de travail en demi-journées, et résoudre l’éternelle question : combien vaut une nuit de garde ?

Un « protocole d’accord et de méthode » sur le sujet sera donc signé dans les quinze prochains jours, a indiqué la ministre, de manière notamment à définir « à partir de quand une garde pourra être décomptée en trois demi-journées. »

Les syndicats satisfaits

Du coup, côté syndical, on se félicite. « La ministre a entendu le mouvement qui s’est exprimé le 26 septembre », estime le Dr Max-André Doppia, président d’Avenir hospitalier. « Nous sommes plutôt contents, ce n’est pas tous les jours qu’on ouvre un chantier. »

La tonalité est la même chez la Coordination médicale hospitalière (CMH). « Une bonne partie des mesures sont positives », indique le Dr Norbert Skurnik, son président. Et Rachel Bocher, patronne de l’Intersyndicat national des praticiens hospitaliers (INPH) abonde dans le même sens : « Les mesures qui ont été annoncées sont un motif de satisfaction », assure-t-elle.

La grève suspendue (au-dessus de la tête de Marisol Touraine)

Reste la question de la journée de grève du 12 octobre. Une source syndicale anonyme nous a assuré qu’elle serait prochainement levée, mais les leaders disent attendre de voir ce que donnera le protocole d’accord promis par la ministre. Le discours officiel reste menaçant : à la sortie de la réunion, les cinq intersyndicales ont publié un communiqué saluant les mesures annoncées, mais éludant la prochaine journée de mobilisation. « Les cinq intersyndicales (…) continueront leur action pour obtenir les revendications non satisfaites », insiste vaguement ce texte.

« Ce n’est pas aujourd’hui que je vais vous dire "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil" », plaisante Max-André Doppia, d’Avenir hospitalier. Bref, tant que le protocole n’est pas signé, les syndicats entendent laisser le flou planer sur leurs intentions… Histoire de maintenir la pression sur le gouvernement.

Source: 

Adrien Renaud

Portrait de La rédaction

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