IA, robotisation : l’Uness, panacée de la formation continue ?

Uness assises hospitalo-universitaires IA robotique
Management, numérique, gouvernance et gestion des territoires au programme

Aux assises nationales hospitalo-universitaires du 13 et 14 décembre, les Prs Sibilia et Palombi ont défendu la plateforme Uness comme référence pour la formation continue, notamment sur les outils numériques. Une plateforme qui viendrait remplir un besoin majeur.

Professionnels de santé, enseignants et étudiants en santé, et Français dans leur ensemble sont convaincus que, dans les années à venir, l’intelligence artificielle (IA) et la robotisation seront amenées à se développer dans le secteur de la santé. C’est ce que confirme un sondage Odoxa paru ce 13 décembre. Ils sont près de 90 à penser que cette petite révolution va transformer les métiers du secteur.

 

Mais le sondage suggère également que la formation dans les outils numériques est insuffisante. Ainsi, 34 % des enseignants, 27 % des professionnels de santé, 21 % des étudiants s’estiment bien formés. C’est peu. Et, préparez-vous, parce que ça ne va pas faire plaisir : les patients s’en rendent compte ! Plus d’un tiers d’entre eux estiment que les professionnels de santé qui les suivent sont insuffisamment formés aux dernières connaissances, et notamment à ces outils.

Formation et confiance des patients

Est-ce bien grave, après tout ? La médecine a toujours sauvé des patients, même sans IA. Sauf que les patients semblent désormais attendre que leur praticien soit formé aux derniers outils. Ils sont ainsi 83 % à indexer leur confiance et leur fidélité à une formation à jour. Faites le calcul !

« Il y a aussi un manque de transparence du système », commente le Pr Olivier Palombi, vice-doyen de la faculté de médecine de Grenoble, et directeur du comité de pilotage Uness (Université numérique en santé et sport), lors de la présentation du sondage faite aux assises nationales hospitalo-universitaires, à Poitiers. « La critique sur la formation est sévère ».

Autre enseignement intéressant : si les professionnels de santé affirment à la quasi-unanimité (97%) estimer que le numérique va changer leurs métiers, ils semblent beaucoup moins convaincus par son utilité. Ils sont ainsi moins de deux tiers à penser que cela permettra d’améliorer les diagnostics et même moins d’un sur deux que l’IA et la robotisation amélioreront la qualité des soins. De là à y voir un lien avec le manque de formation, il n’y a que le pas de la mauvaise volonté à franchir…

Le CHU comme référence

Quelle est la place du CHU dans tout ça ? « Les acteurs se sentent démunis », explique Gaël Sliman, président d’Odoxa. « Ils jugent les formations qui leur sont proposées inefficaces, pour ceux qui les connaissent ».

« La plateforme proposée par l’Uness pourrait sans doute être la solution », poursuit-il. « D’abord parce que l’université et ses filières sont perçues comme un acteur de confiance ». Étudiants, enseignants et professionnels de santé sont neuf sur dix à le penser. Formations plus simples, plus pertinentes, plus qualitatives, et même meilleures interactions avec les formateurs : les avantages présentés sont nombreux. L’évaluation des contenus pédagogiques proposée par l’Uness est également un plus, plébiscité par les personnes interrogées.

« Nous sommes devenus un opérateur national », estime le Pr Palombi, en tant que représentant de l’Uness. « Nous avons désormais besoin de reconnaissance, qui est en train de s’opérer. Nous répondons à un vrai besoin, c’est ce que montre ce sondage ».

Un quatrième cycle

« Il y a un saut quantique dans la formation en médecine et en santé », ajoute le Pr Jean Sibilia, président de la conférence des doyens. « Utilisation des tablettes, Uness, Sides… Tout est allé très vite. On se rend aussi compte que l’outil drive le contenu. Tout cela doit être sous-tendu par une évaluation et, in fine, par une accréditation. Elle n’est pas populaire dans le milieu médical, mais on doit aller vers une validation de cette formation au cours de la vie ».

Et pour l’instant, l’université est quasi-absente des débats, ajoute le patron des doyens, qui aimerait voir un continuum entre la formation initiale et la formation continue, qu’il nomme « avec provocation » un « quatrième cycle ». « Nous apportons des outils numériques exceptionnels qui ne sont pas disponibles partout, et qui ne pourront exister que sur des grandes plateformes », conclut-il.

Portrait de Jonathan Herchkovitch

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