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Ciné week-end: Le Goût des Merveilles, de E. Besnard (sortie le 16 décembre 2015)

Pour ceux qui ont résisté à la déferlante Star Wars ou qui ont encore faim de cinéma après avoir réveillé la force, nous vous conseillons ce petit film surprenant, porté par deux interprètes bourrés de charme. Virginie Efira interprète une jeune femme terrienne symbolisant à la perfection l'ode à la nature et à la beauté célébrées par un réalisateur inspiré. Le Goût des Merveilles donne en effet follement envie de se retirer dans un village du sud baigné de soleil, de retaper une vieille maison ou encore de faire la cuisine sur un étal en bois maculé de farine. Mais aussi d'arpenter les rayons d'un vieux bouquiniste avant de prendre un café sur la place du village, tout en découvrant quelques lignes sublimes de Deltheil...

Un peu mince pour faire un film? Oui et non, car cette célébration épicurienne et sensuelle prend une dimension étrange et onirique dès lors que Benjamin Lavernhe, formidable acteur issu de la pépinière de la Comédie Française - décidément, après Pierre Niney dans Vingt ans d'écart, Efira les collectionne! - apparaît à l'écran, voire le vampirise. Le voir habiter, avec autant d'aisance, son rôle de jeune génie de l'informatique hermétique au mensonge en lui apportant l'élégance d'une comédie romantique américaine des années 30 et le burlesque d'un personnage à la Tex Avery ou à la Buster Keaton est tout simplement bluffant. 

Se forme ainsi un improbable duo, Eric Besnard ne tranche d'ailleurs pas clairement sur la nature de leur relation. Mêler l'érotisme solaire et charnel de la nature et de la féminité (avec un joli clin d'oeil d'Efira aux "fesses" de Bardot) à l'objectivité froide et à l'innocence relationnelle de l'autisme induit des connexions cérébrales inattendues renouvelant, avec l'aide d'une trame scénaristique moderne autour du piratage informatique, le genre du conte de fées. Si on adopte un point de vue médical, voir l'autisme magnifié et lavé de toute aspérité peut être dérangeant. Alors on range les manuels de psychiatrie et on savoure cette jolie histoire pleine de bons sentiments avec autant de gourmandise que Pierre découvrant les "merveilles" cuisinées par Louise.

Source: 

Guillaume de la Chapelle

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