Grande Conférence de Santé : c’est officiel, la montagne a accouché d’une souris

Tout ca pour ca

Hier se tenait, au siège du Conseil économique, social et environnemental, la journée de clôture de la Grande Conférence de santé. Au terme de neuf mois de travail, 22 mesures ont été annoncées par Manuel Valls. Mais leurs ambitions restent limitées, et leurs contours flous.

 

« Il est difficile de penser le changement à dix ou quinze ans quand des enjeux plus immédiats guident les acteurs ». Hier, Anne-Marie Brocas a peut-être résumé en une phrase l’essentiel de ce qu’il faut retenir de la Grande Conférence de Santé.

La présidente du Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie sait de quoi elle parle : avec le Pr Lionel Collet, elle pilote depuis le printemps dernier les travaux de la Conférence. Et depuis le printemps dernier, elle se heurte aux calculs à  court terme des uns et des autres.

Libéraux et gouvernement, même combat

Ceux des médecins libéraux tout d’abord. Leurs principaux syndicats, qui n’ont toujours pas digéré le vote de la loi santé, boudaient la Conférence. Ils organisaient hier un contre-événement, les Assises de la médecine libérale. Et peu leur importait que les thèmes de la Grande conférence de santé, très orientés sur la formation et les parcours professionnels, n’aient que peu de choses à voir avec ceux de la loi santé.

Mais la Conférence a également été plombée par… ses promoteurs mêmes, qui ont montré peu d’égards pour les participants. C'est une Marisol Touraine affaiblie, et dont on ne savait pas si elle serait toujours ministre le soir même, qui a pris la parole dans la matinée.

Et c’est avec ses annonces déjà en poche que Manuel Valls est arrivé, en fin de journée, au palais d’Iéna. Un drôle de signal de la part de celui qui avait probablement passé le plus clair de sa journée à gérer le remaniement… Et tant pis pour les 400 personnes qui avaient participé, depuis neuf heures du matin, aux différentes tables-rondes de cette journée de clôture !

22 mesures aux contours flous et aux ambitions limitées

Dans ces conditions, les 22 mesures dévoilées par le Premier Ministre, à l’évidence prêtes depuis bien longtemps, ne pouvaient que décevoir les médecins. Certaines d’ailleurs étaient déjà engagées avant d’être annoncées.

Qu’il s’agisse de l’introduction d’une modulation régionale du numerus clausus, de la réforme de la PACES, de celle du troisième cycle des études médicales (avec notamment la suppression des DESC), du renforcement des passerelles entre filières médicale et paramédicale, de la création de 40 postes de chefs de cliniques en médecine générale, de l’amélioration du congé maternité pour les libérales en secteur 1 ou ayant signé un Contrat d’accès aux soins, le constat est le même : les ambitions restent limitées.

On fait comment ?

Une mesure semble plus audacieuse que les autres : la recertification des professionnels de santé (malheureusement sur une base volontaire pour les médecins déjà installés). Mais pour cette disposition comme pour les autres, une question demeure : on fait comment ?

Le décalage entre ces annonces et les ambitions de la Conférence saute aux yeux lorsqu’on relit la lettre que Manuel Valls avait adressée en mai dernier à Anne-Marie Brocas et Lionel Collet. Leur mission consistait à « repenser de façon prospective l’articulation entre soin, enseignement et recherche ». On est loin du compte.

Source: 

Adrien Renaud

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