Génériques : les médecins peuvent mieux faire

Marisol Touraine fait une piqûre de rappel

Fin septembre, le ministère de la Santé a lancé une grande campagne de communication pour rassurer les derniers sceptiques sur l’intérêt de prescrire des génériques. Et il y a du boulot.


Prescrire des génériques c’est bien, en prescrire plus c’est mieux. Cela fait quelques semaines que Marisol Touraine assène ce message dans le cadre de sa campagne en faveur des génériques, insistant sur le fait que la participation des médecins dans la démocratisation de ces molécules meilleur marché peut encore être améliorée. Alors, mauvais élèves les praticiens ? Peut-être.  

Le générique, oui, mais pas trop

Une étude commandée dans le cadre de cette campagne (que BVA ne souhaite pas communiquer) montre en effet que seulement 64 % des praticiens interrogés (soit 500 généralistes en tout) ont une bonne connaissance des génériques et de leur disponibilité pour le traitement des maladies graves comme le cancer. Pire, selon l’étude, le niveau de confiance des praticiens dans les génériques n’est que de 6,6 sur 10. 

Les médecins ont parfois de bonnes raisons de s’écarter du dogme : « Je ne prescris pas systématiquement des génériques », avoue Léa, jeune psychiatre hospitalière. « J’ai constaté des différences. Il peut arriver que certains de mes patients tolèrent mieux les excipients du princeps que ceux du générique. La forme galénique disponible pour le générique n’est par ailleurs parfois pas celle que le patient accepte le mieux. J’adapte donc mes prescriptions en fonction de ces critères de confort  ».

Léa n’est d’ailleurs pas la seule à constater ce genre de différences. L’étude de BVA pointe en effet que seulement 29 % du panel considère que les excipients n’ont pas d’impact sur l’efficacité d’un médicament.

Prescrivez quand même du générique

Une ligne de défense qui ne convainc pas le Dr François Lacoin, vice-président du Collège de la médecine générale et responsable du dossier générique : « L’efficacité du médicament, générique ou princeps, peut varier en fonction de l’état du patient », concède le généraliste. Mais celui-ci ajoute aussitôt : « S’il est fatigué, un peu plus immuno-déprimé, la molécule sera plus ou moins efficace mais à un niveau de différence assez faible. »

François Lacoin admet néanmoins qu’il peut y avoir des exceptions. « Dans le cas des médicaments à marge thérapeutique étroite, il faut être particulièrement attentif sur le dosage et ne pas changer le médicament en cours de route, qu’il s’agisse d’un princeps ou d’un générique », reconnaît-il.

Néanmoins, le « non-substituable » doit pour lui rester marginal, et tant pis si ça ne convient pas à ses confrères. Il estime qu’il ne faut pas s’éloigner du problème principal qui est la prescription en DCI, en cabinet et surtout en hôpital. Et pour convaincre les plus réfractaires, le Collège de médecine générale a mis en ligne cinq mémos à destination des professionnels de santé.

Le message est donc clair, utilisez le générique sans modération !

 

 

Source: 

Johana Hallmann

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