François Hollande ? Un vrai fils de...

« Tu seras médecin comme moi, mon enfant. » Nombreux sont ceux qui ont obéi à cette injonction, verbalisée ou subliminale. Mais il y a aussi eu des rejetons de praticiens pour se détourner de la voie familiale toute tracée… et rencontrer le succès. La suite de notre série aujourd’hui avec François Hollande.

« On choisit ses copains, mais rarement sa famille », chantait Renaud dans les années 1980. Une évidence qui s’est imposée avec force à François Hollande : l’ex-président de la République est en effet le fils du Dr Georges Hollande, ORL à la réputation plus que sulfureuse. Car en plus de son activité de médecin, le père de l’ex-chef de l’État avait la fâcheuse habitude d’engager ses économies dans des affaires douteuses (ce qui n’était pas sans conséquences pour le bien-être familial), ou de participer à des combats politiques nauséabonds (ce qui a au moins eu le mérite, par esprit de contradiction, d’aiguiser les convictions républicaines de son fils).

Le moins que l’on puisse dire, si l’on en croit l’article publié par Le Point à l’occasion du décès de Georges Hollande en 2020, est que le personnage n’était pas tout à fait en phase avec les valeurs humanistes prônées plus tard par son fils. Fervent partisan de l’Algérie française, il se porte en 1959 candidat de l’extrême droite aux municipales de Rouen. En 1965, on le retrouve à la tête d’une liste singulière dans la commune de Bois-Guillaume, dans l’agglomération de la capitale normande : outre l’ORL, on trouve sur cette liste, toujours selon Le Point, un « assemblage d'anciens OAS [Organisation armée secrète, groupe clandestin qui a violemment lutté contre l’indépendance algérienne, ndlr], d'ex-collabos et de notables ».

Instabilité chronique

Non content d’afficher des opinions politiques à la droite de la droite, le père menait la vie dure à sa maisonnée. Alors qu’il dirigeait une clinique rouennaise florissante, Georges Hollande s’est lancé dans l’immobilier quand François avait 14 ans, ce qui a obligé la famille à déménager pour Paris. « Il a vendu la maison, a jeté la plupart de nos affaires à la poubelle, on a quitté la ville brusquement », se souvient l’ex-président, cité par Le Monde. L’immobilier n’a pas longtemps eu les faveurs de l’ORL, qui entreprend ensuite de monter des agences de voyage. « Quand ça allait trop bien, il bazardait tout », résume son fils.

C’est donc contre son père, plutôt qu’avec lui, que François Hollande a grandi. « Il était violent, perpétuellement en colère, il avait besoin d’être en conflit, confie-t-il au Monde. Il n’avait pas d’amis, n’aimait personne. » Le fils a tout de même réussi, durant sa campagne victorieuse de 2012, à remercier lors d’un meeting son père « parce qu'il avait des idées contraires aux [siennes] et qu'il [l]'a aidé à affirmer [ses] convictions ». Un bel exemple de l’esprit de synthèse qui caractérise le prédécesseur d’Emmanuel Macron.

Est-ce un hasard ? On note que l’actuel locataire de l’Élysée est, lui aussi, fils de médecin. Mais il semble avoir une relation avec ses parents (car dans le cas d’Emmanuel Macron, les deux parents ont embrassé la carrière médicale) bien plus apaisée. Reste à savoir s’il faut y voir un signe pour la prochaine présidentielle… et quel est le sens de ce signe.

 

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