Faut-il garder les salles de gardes ?

Exutoire ou phallocentrisme ? Les salles de garde divisent.

C’est une véritable ode aux salles de garde que le magazine Causette a dressé dans son numéro de février 2012. Les auteurs y dépeignent un lieu de lâcher-prise totale où Eros vient narguer Thanatos par des jeux érotico-débiles. Et nous, vu de l’intérieur, on en pense quoi ?

Tout fout l'camp à l'hôpital

Le milieu médical est pétri de traditions, et les salles de garde en font partie. Celles-ci, il faut le dire, sont plus ancrées à Paris, qu’elles ne le sont en province. Est-ce un atout pour les parisiens ? Pas sûr. D’autant que leur viabilité est, à bien des égards, remise en question. Selon lemonde.fr, les 37 hôpitaux publics de la région parisienne ne comptent plus que 13 salles de garde actives, contre 29 en 2000. La dernière mise sur la sellette étant celle de l’hôpital Antoine Béclère. En janvier dernier, des internes s’y étaient opposés par le biais d’une pétition. 

Un "exutoire" où le machisme est roi

Comme toutes les traditions dignes de ce nom, les salles de garde ont leurs défenseurs. L’Association pour la préservation du patrimoine de l'internat (APPI) fait figure de réprésentant. Son président, Christophe Vidal, 32 ans, CCA en chirurgie orthopédique pédiatrique, considère que les salles de garde sont un « exutoire » et qu’elles mériteraient d’être inscrites au patrimoine de l’Unesco, selon lemonde.fr. Si certains internes et « fossiles » (= médecins ayant fini l’internat) sont engagés dans leur protection, d’autres préfèrent passer leur chemin. 

Touche pas à mes poumons

Montrer ses poumons (= seins) ? « Ça ne me dérange pas » répond Julie, au journaliste de Causette. Dans le même article, Isabelle réagit inversement : « Pour moi, la salle de garde est un défouloir pour frustrés. Quand on est une fille, il n’y a pas d’alternative entre être une coincée ou une salope. » Les salles de gardes seraient-elles un lieu où la machisme est roi ? Ça y ressemble en tout cas. Mais selon Christophe Vidal, la féminisation de la profession ne remet pas en cause la tradition. Selon lui, elle la module. L’humour y est « plus fin, plus érotique et moins porno », remarque-t-il. Et si on n’a pas envie de rire ? Comme l’écrit le magazine Causette, « les femmes n’ont que deux possibilités  : rentrer dans le jeu ou fuir ». Et vous, mesdames, vous faîtes quoi ?

Source: 

What's up doc - publié par AP

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