Dr Eric Nataf, écrivain malgré lui

Un médecin tombé en littérature presque par hasard

Eric Nataf est radiologue, mais ses patients viennent parfois le voir pour… sa célébrité littéraire. Rencontre avec un médecin atypique, qui recommande l’écriture comme voie d’amélioration pour la pratique médicale.

 

La littérature a attrapé Eric Nataf par la médecine. A la fin de son DES de radiologie, il a rencontré un responsable de Larousse, et accepté une mission de rédaction d’articles médicaux. Il a pris goût au travail de plume, et s’est retrouvé pigiste pendant une dizaine d’années, avec notamment une rubrique régulière à Questions de femmes.

Le sujet de son premier livre, Autobiographie d’un virus, est né d’une sorte de rêverie de vacances : et si les virus pouvaient parler, qu’auraient-ils à nous dire ? De fil en aiguille, l’essai romancé s’est transformé en livre publié chez Odile Jacob. C’est là que l’aventure a vraiment commencé : le livre a gagné des prix littéraires, l’éditeur lui a commandé un second roman, Le Mal par le Mal (une histoire de serial killer homéopathe).

« J’avais presque l’impression d’être un imposteur »

« J’ai réalisé le caractère fortuit et factice du succès », se souvient-il. « Un journaliste l’a encensé à la télé et en quelques heures il s’est retrouvé troisième des ventes sur Amazon, par un mécanisme de réaction en chaîne incroyable. J’avais presque l’impression d’être un imposteur, que ça ne me concernait pas. »

Après un troisième roman sur un médicament miracle contre l’obésité, il est sorti du domaine médical pour entrer dans celui de la religion. Les deux volumes suivants ont Abraham pour personnage principal, et ont eux aussi connu un franc succès.

« C’est la trépidation de la vie qui nourrit l’histoire »

La recette du Dr Nataf pour mener sa double vie est simple : il faut écrire un peu chaque jour. A la manière de Pénélope ou d’Ariane, il ne peut se permettre d’arrêter, de perdre le fil.

« C’est progressivement que les livres apparaissent », explique-t-il. « Je ne crois pas qu’il faille trop réfléchir, il faut se lancer et voir ce qu’il se passe. C’est le présent et la trépidation de la vie qui nourrissent l’histoire, qui donnent l’inspiration. On a tous 5-10 minutes par jour, alors si quelque chose nous trotte dans la tête, il ne faut pas attendre ! »

« J’ai commencé à scénariser mes compte-rendus »

La cinquantaine sereine, ce radiologue atypique sait qu’il rédige ses compte-rendus avec un langage plus élaboré que certains de ses confrères : plusieurs de ses correspondants lui en ont déjà fait la remarque. « Quand on conçoit des romans, on a l’habitude de construire des trames », indique-t-il, modeste. « J’ai commencé à scénariser mes compte-rendus, à les organiser de manière à raconter une histoire. »

Cette activité secondaire est pour lui un atout en tant que médecin : « il ne faut pas négliger la part de l’intuition, provenant de la somme des connaissances accumulées restées dans l’inconscient. Il est important de cultiver son cerveau, surtout sa partie créative. Je pense qu’écrire est un très bon exercice pour mieux exercer la médecine ! »

Source: 

Sarah Balfagon

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