Déserts médicaux : le retour des zones franches ?

Des zones franches réservées aux médecins dans les déserts médicaux ? L'idée d'Edouard Philippe séduit le SML et CSMF, sans pour autant convaincre tous les syndicats.

En voilà du scoop ! Edouard Philippe envisagerait de créer des zones franches réservées aux médecins dans les déserts médicaux, selon franceinfo. Une mesure qui serait inscrite dans le projet de loi Santé qui doit être voté en juillet.
 
Si elle venait à voir le jour, cette proposition ferait le bonheur du SML (Syndicat des Médecins Libéraux) qui réclame de longue date l’instauration de ces mesures de défiscalisation. « De telles mesures seront attractives pour les nouveaux installés qui y verront un moyen de consolidation économique de leur activité libérale, ce qui constitue l’une de leurs principales craintes », estime le syndicat.
 
En outre, cela serait « un extraordinaire levier pour redéployer vers les zones les plus médicalement dépourvues, des médecins déjà installés dans des zones plus denses et qui pourraient y installer un cabinet secondaire, ou y envisager une réinstallation », ajoute le SML.
 
Jusqu’à présent, les mesures incitatives mises en œuvre ressemblaient à « des mesures de saupoudrage peu lisibles », estime le syndicat qui s’engouffre dans la brèche pour prôner le « 0% d'impôts et de taxes » qui serait « un élément dynamisant pour enclencher la reconquête des territoires que ce soit avec des primo installés, des installations secondaires ou des réinstallations ».
 
Si elle ne s’est pas étendue sur le sujet des zones franches ces derniers jours, la Confédération des Syndicats Médicaux Français (CSMF), par la voix de son président Jean-Paul Ortiz, a déclaré : « Les contours de cette mesure, qui marquerait le choix de l’incitation plutôt que la coercition, sont encore flous. Cela va néanmoins dans le bon sens. »

 Et de réclamer que, dans les déserts médicaux, « un assistant médical puisse être financé pour un seul médecin. Il est fondamental de soutenir ces médecins pour éviter qu’ils ne mettent la clé sous la porte ».
 
Quant à l’UFML-Syndicat, il rappelle que les déserts médicaux et zones en voie de desertification sont partout: « La France ne peut pas être une zone franche. Face à une belle idée, méfions-nous d’un gros effet d’annonce pour une petite et hypothétique application », a tweeté son président le Dr Jérôme Marty.
 
Enfin, pour le Regroupement Autonome des Généralistes Jeunes Installés et Remplaçants (ReAGJIR), la proposition est « séduisante » mais elle ne va pas dans le sens de l'enquête publiée par l'Ordre sur les déterminants à l'installation chez les jeunes médecins. « Les aides financières sont considérées comme peu déterminantes pour 48 % des internes et 47 % des remplaçants. Chez les installés, 69 % les considèrent comme sans influence. C'est la qualité des services publics et la proximité familiale qui ressortent comme déterminants majeurs », a déclaré au Quotidien du Médecin, le Dr Yannick Schmitt, président de REAGJIR. 
 

Portrait de Julien Moschetti

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