© IStock
"Après les cliniques privées, les Ehpad, et plus récemment les plateformes de biologie (...) les radiologues du secteur libéral font l'objet de propositions d'acquisition massive" par des "groupes financiers relevant de fonds d'investissements internationaux", écrit le comité, dans un rapport conjoint avec le comité national pilote d'éthique du numérique sur les plateformes de données de santé.
Mais "l'offre financière attrayante" de ces groupes "masque bien des incertitudes et des risques", poursuit-il.
Ces rachats portent "un risque avéré de perte de contrôle d'autonomie décisionnelle" des médecins radiologues, et d'orientation de l'activité "vers des examens rentables, simples et modélisés", relèvent les Sages.
Les investisseurs financiers arrivent à prendre le contrôle des cabinets de radiologie, avec des montages qui laissent nominalement les praticiens à la tête de leurs cabinets mais en réalité leur enlève "la maîtrise de la gouvernance, de la gestion et des droits financiers", avertissent-ils.
Les données d’imagerie représentent une richesse économique potentielle
Les Sages estiment également qu'il convient "d'alerter sur la nécessité de clarifier la propriété des données massives d'imagerie de patients possiblement interprétées, stockées et exploitées à l'étranger (dans le cadre de réseaux de téléimagerie), et dès lors échappant à tout contrôle".
Les données d'imagerie peuvent être utilisées pour entraîner des intelligences artificielles et développer de nouveaux outils de diagnostic et de soins.
Elles représentent potentiellement une richesse économique.
D'une manière générale, les deux comités d'éthique ne se prononcent pas sur la délicate question de l'hébergement des données de santé, que certains voudraient interdire aux géants américains ou chinois du "cloud" (informatique dématérialisée), pour des raisons de sécurité et de souveraineté.
Ils se contentent de recommander aux acteurs internationaux de "respecter les principes fondamentaux" de la législation européenne sur les données, et de prévoir des "clauses de réversibilité", pour que les données puissent facilement, si nécessaire, être ré-acheminées chez un hébergeur européen.
Avec AFP
A voir aussi
IA en santé : outil indispensable ou gadget ? les défis de l’application et de l’évaluation
Plan Cancer : comment Vivalto Santé structure une filière d’excellence coordonnée
« Va chier » : huit célébrités posent aux toilettes pour la campagne annuelle contre le cancer colorectal
3600€ non remboursés pour un « check-up médical complet » par une start-up ? Plusieurs experts s'inquiètent
Au CHU de Rennes, un bloc opératoire connecté au service de la sécurité et de la formation
Un enfant italien est décédé après une greffe cardiaque, les conditions de transport de l'organe mises en cause
Dr Philippe Paranque (SOS médecins France) : « Sans revalorisation de la visite à domicile, on risque de perdre cette capacité qu’on a à envoyer un médecin 24 heures sur 24 »