Darwin XXI, le roman de la énième vague Covid19...

Le médecin, universitaire et romancier Henri Duboc sort un nouveau roman de politique (sanitaire) fiction inspiré des temps présents. Entre déliquescence étatsunienne et paupérisme généralisé causé par des tsunamis réguliers de Covid, Henri Duboc laisse entrevoir, dans son roman, un possible avenir commun. Pas forcément gai. 

« Après une troisième, une quatrième, une cinquième vague à rouvrir et fermer les lits de réanimation, nous avons réalisé qu’il n’y aurait plus de vagues. Le monde a pris conscience que, maintenant, nous avons les pieds dans l’eau. Pour des années. Et que la vie sera faite de vaguelettes permanentes jusqu’à un vaccin. » Ce constat quelque peu désespérant ouvre le dernier roman du Dr Henri Duboc, qui n’en est pas à son coup d’essai*.
Cet état des lieux imaginaire aurait pu passer il y a encore quelques mois pour le délire aviné d’Olivier Véran, lors d’une soirée un peu trop arrosée d’anciens de l’Isni*. Maintenant, ce 6 novembre, alors que la veille le même Véran nous annonçait qu’il ne pronostiquait pas de décrue de patients Covid19 en réa  avant la mi-décembre, cette vue de l’esprit du Dr Duboc risque fort d’être notre avenir à moyen terme.
Et c’est ce qui est fabuleux dans cette nouvelle fiction de ce jeune praticien universitaire : la réalité, notre réalité, rattrape à grand pas sa fiction. Ainsi, sans spoiler son roman, on assiste médusé à la déliquescence de la première puissance au monde, les USA, ou plutôt, dans son roman, les NUSA, acculées sous les coups de butoirs de politiciens sans projet mais doués d’une ambition hors normes.
De ce côté ci de l’Atlantique, s’il existe encore des CHU, dont celui de Tours, la sécurité sociale n’est plus qu’un lointain souvenir et le pire des scénarios sorti de la caboche du plus pessimiste des porte-parole du collectif Inter Hôpitaux (CIH) semble se réaliser : les professionnels de santé sont à deux doigts de la mendicité, et les médecins préfèrent encore être employés comme infirmiers (mieux payés), en complétant leur maigre revenus avec des opérations au black, entre chien et loup. Et encore : ces soignants sont chanceux, la majorité de la population ayant sombré dans la misère, ne se nourrissant plus guère qu’avec des bons de nourriture fournis par l’État.
On l’aura compris : le Dr Henri Duboc ne se pose pas là en juste héritier d’Auguste Comte. Loin de là. Il n’en reste pas moins que cet avenir sombre que dépeint Henri Duboc, et qui effraierait jusqu’au Dr Christophe Prudhomme, est rythmé par une intrigue policière haletante qui maintient le lecteur en tension, sur plus de 400 pages. Le nœud de l’intrigue, comme souvent dans les romans du Dr Duboc, se concentre sur une table d’opération ; bistouris, scalpels… décideront de l’avenir de l’Humanité… Pas la peine d’en dire plus, autant vous précipiter sur ce roman qui se dévore comme on s’abreuve en mode binge watching de la dernière saison de Games of Thrones. Sauf que chez Henri Duboc, tout est vraisemblable : pourvu que cela ne devienne pas notre réalité.

Darwin XXI. Henri Duboc. Beta publisher. 16 euros.

* Henri Duboc signe son septième roman. 

* Olivier Véran fut en effet vice-président de l'Intersyndicale nationale des internes (Isni). 

 

Portrait de Jean-Bernard Gervais

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