Comment se préparer pour la 2e vague de Covid à l’automne ? 

Le conseil scientifique Covid19 vient de rendre public un huitième avis, qui envisage de manière très probable une forte reprise de l'épidémie en automne. 

Pour le conseil scientifique Covid19 qui chuchote à l'oreille de l’Élysée, une deuxième vague de Covid 19 à l’automne est une quasi certitude, comme le laisse deviner son dernier avis sur la question rendue publique ce 27 juillet. Intitulé « Se préparer maintenant pour anticiper un retour du virus à l’automne », ce avis n°8 présente plusieurs caractéristiques, dont celui de s’inscrire dans une reprise fragile de l’épidémie, et d’envisager, à moyen terme, les moyens à mettre en œuvre lors d’une reprise « forte » de l’épidémie. Actuellement, le conseil scientifique note cependant, avec une certaine inquiétude, une recrudescence du nombre de cas de Covid19 dans plusieurs régions métropolitaines. « Le Finistère, la Gironde et les Vosges ont désormais un niveau de vulnérabilité modérée ; la Mayenne a un niveau de vulnérabilité élevée », analyse le conseil scientifique. Deux points de vigilance sont relevés par le conseil : la faible proportion de personnes ayant des signes évocateurs de Covid19 réalisant des tests,  ainsi que la dégradation du respect des comportements de prévention des Français. Si le conseil scientifique envisage une reprise épidémique cet automne, il ne sous-estime pas, néanmoins, une reprise dès cet été, du fait de la négligence des Français… 

International

À l’international, le conseil scientifique relève plusieurs faits : « La situation italienne est très comparable à la situation française aujourd’hui », tandis que « la situation en Allemagne, en Angleterre (Royaume-Uni) mais aussi plus récemment en Espagne appelle à la plus grande prudence pour la France en cet été ». Quant aux states, « la situation actuelle aux Etats-Unis ne correspond pas à une seconde vague, mais bien à la persistance de la pandémie dans le pays depuis mars 2020 »

Quid de l’avenir à moyen terme de cette pandémie ? trois hypothèses sont évoquées par le Conseil scientifique : une disparition du virus, l’apparition d’une deuxième vague, ou une installation chronique du virus dans l’hémisphère nord. Le conseil scientifique penche plus probablement pour l’apparition d’une deuxième vague, qui « pourrait avoir un impact supérieur à celui observé lors de la première vague ». Pour y faire face, le conseil scientifique envisage la mise en place de 7 protocoles. Cette stratégie en 7 points passe dans un premier temps par un renforcement des gestes barrières, en particulier l’obligation du port du masque dans les lieux clos, en particulier. Deuxième point : la triade tester-tracer-isoler doit être plus efficiente. Trois défauts sont à corriger dans ce domaine : difficultés d’organisation, manque d’attractivité et un nombre de centres de prélèvements insuffisant. 

Aussi, le conseil scientifiques suggère quatre nouvelles démarches, non mises en place pour le moment : 

« - Le diagnostic précoce des cas avec des signes cliniques compatibles avec une infection 

COVID (en lien avec la médecine générale notamment)
- une surveillance ciblée pour les populations à risque pouvant échapper à la stratégie de diagnostic des cas suspects (abattoirs, prison, migrants...)
- un dépistage populationnel centré sur des zones à concentration élevée de clusters (notamment familiaux) sans lien épidémiologique
- un dépistage aléatoire permettant d’entretenir et/ou de faire évoluer l’outil de surveillance et de participer au dépistage de cas pauci- ou asymptomatiques. » 

Troisième point proposé : l’isolement volontaire proposé aux personnes à risque de formes graves. « Pour les personnes de plus de 65 ans ou présentant des facteurs de risque mais n’ayant pas d’activité professionnelle, le Conseil scientifique rappelle en ce début d’été l’importance pour ces personnes d’éviter le risque de contamination », note le conseil scientifique. 

Cette mesure devrait être accompagnée de la protection des Ehpad, mais aussi des populations en situation précaire. À leur endroit, le conseil scientifique devrait édicter en septembre prochain un avis. Le conseil envisage aussi des mesures destinées aux métropoles, comme le confinement local. 

Les établissements de santé

L’hôpital fait aussi l’objet d’un chapitre entier de cet avis. Les établissements de santé devront gérer la crise à venir sous trois aspects : reprendre et « écluser » les retards de soins dus au Covid19, prendre en charge les suites des soins liés au Covid19, et préparer la prise en compte de la prochaine vague. « Les établissements hospitaliers doivent dès maintenant et rapidement assurer la maintenance des locaux de réanimation et de soins intensifs », recommande entre autres le conseils scientifique. Mais aussi : « Concernant les lits, les ARS doivent établir dès cet été un plan de montée en puissance pour l’ouverture des lits au-delà du capacitaire habituel en veillant à une répartition de la charge en soins entre les différents hôpitaux afin de permettre une prise charge optimale des patients COVID + et COVID – dans chaque structure de soins. » 

Risques psycho-sociaux

Enfin, le conseil scientifique ne sous-estime pas non plus les conséquences psycho-sociales de l’épidémie de Covid. La Covid « a conduit certaines personnes à s’impliquer intensivement dans leur travail pour garantir la continuité des activités, souvent en urgence et dans des situations dégradées. D’autres personnes ont dû au contraire s’éloigner de leurs contextes de travail, en raison de leur état de santé, de leurs activités, du chômage partiel ou de situations personnelles ou familiales ». Ainsi, « le retour au travail n’est pas sans risque », avertissent les experts. 

Portrait de Jean-Bernard Gervais

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