Classement des spé : la neuro dévoile son potentiel d’action

7e spé préférée en 2016-2017

Le vent en poupe, la neuro. Dans notre dernier classement des spé préférées des futurs internes à l’issue des ECN, la discipline, traditionnellement bien placée, se paie le luxe d’une belle progression. Pourquoi un tel engouement ?

 

Elle faisait déjà partie des spécialités en vue pour les futurs internes. Mais cette année, la neurologie se hisse à une très belle 7e place dans notre classement 2016-2017, avec un rang moyen de 1370 aux ECN. En progression de quatre places par rapport à l’année dernière, elle vient même frotter les oreilles de l’ORL. Voilà pour la course de petits chevaux. Mais d'où vient cet attrait pour la neuro ?

« C’est un mouvement général, et il n’y a pas de raison que ça s’arrête », analyse le Pr Mathieu Zuber, patron de neuro à Saint-Joseph (AP-HP) et président du collège de la discipline. Il met en avant la véritable « explosion » que connaissent les neurosciences, due notamment aux avancées de l’imagerie cérébrale depuis les années 80.

« On a plein de belles images à montrer », s’amuse le PU-PH, « mais au-delà de l’aspect spectaculaire des magazines grand public, ça a le mérite de favoriser une certaine appétence pour la compréhension de cerveau et de ses mécanismes. » Autrement dit, la neurohype suscite des vocations, y compris chez les toubibs.

Variété à l’affiche

Ce n’est pas tout. L’extension du parc de scanners et d’IRM a démocratisé la discipline. « On peut désormais devenir neurologue en ville, ou combiner l’exercice en cabinet et à l’hôpital », indique le PU-PH. Bref, la neuro est « sortie de l’hospitalisme pur ». Et si c’est la recherche qui vous botte, demandez le menu : les unités Inserm de neuroscience se multiplient comme des petits pains.

Diversité dans le mode d’exercice, diversité aussi dans la clinique. Car les neurologues sont à la croisée de nombreuses maladies majeures de l’époque – AVC, Parkinson, Alzheimer, pathologies inflammatoires... « On n’est pas du tout dans un schéma répétitif, les jeunes qui viennent chez nous apprécient beaucoup la diversité de la discipline », estime Mathieu Zuber. 

On avance, on avance on avance

La discipline a d’ailleurs connu d’importants progrès, notamment dans la prise en charge des AVC (thrombolyse, rééducation) et de la sclérose en plaque. Et dans les maladies neurodégénératives, où les attentes sont colossales ? « Encore en gestation », admet Mathieu Zuber, qui pointe néanmoins « une accumulation phénoménale de données ». Bref, repassez dans dix ans. 

Que de chemin parcouru, donc, depuis le temps où la discipline tenait lieu de vilain petit canard. « Quand j’ai démarré, les collègues nous regardaient bizarrement », se souvient le PU-PH, qui a débuté sa carrière à Sainte-Anne. « On avait la réputation d’être une spécialité intellectuelle, qui ne soignait pas. » De quoi redonner de l'espoir... aux psychiatres.

Source: 

Yvan Pandelé

Portrait de La rédaction

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