Centre de santé en ophtalmologie : l’Assurance Maladie is watching you

L’Assurance Maladie voit rouge. Après avoir déposé plainte contre douze centres de santé en ophtalmologie cet été, elle vient d’allonger la liste de quatre autres structures. Les faits suspectés ? Avoir facturé des gestes médicaux… qui n’ont jamais existé !

Les centres de santé en ophtalmologie sont dans le viseur de l’Assurance Maladie. Récemment, la caisse nationale a décidé de déposer plainte contre seize d’entre eux. Leur tort présumé ? Avoir facturé des actes médicaux… qui n’ont jamais été réalisés.

C’est après avoir terminé une série de contrôles que l’Assurance Maladie a lancé ces procédures pénales ; le chef d’accusation retenu : « escroquerie, faux et usage de faux et fausses déclarations. » Le préjudice, quant à lui, est estimé à 3,6 millions d’euros depuis octobre 2020.

Un joli pactole qui pourrait encore grossir. Et pour cause, une cinquantaine d’établissements sur les 150 existants en France seraient encore sous surveillance. Un travail initié après avoir constaté des différences importantes de facturation entre les cabinets libéraux et ces centres de santé, grimpant de 63,50 euros à 96,50 euros en moyenne par patient.

«Nous avons constaté qu'un certain nombre de centres de santé avaient la main lourde avec de l'abus dans les actes, ou de la facturation 'optimisée', mais surtout nous avons repéré des atypies de facturation fortement suspectes de pratiques frauduleuses », a expliqué dans « L’Oeil du 20h » la médecin Catherine Bismuth, directrice de la lutte contre la fraude à l'Assurance-maladie.

Les arnaques suspectées notamment ? La fameuse technique de la « fausse revoyure », qui consiste à facturer une première série des soins le jour de la visite du patient suivie d’une autre quelques mois plus tard alors qu'elle n'a pas été effetuée. Autre technique, même objectif : facturer une famille entière quand seul un des membres est venu se faire ausculter.

Des magouilles difficilement repérables par le patient puisque ces actes sont payés au tiers-payant, mais qui, visiblement, commence à faire tâche dans les dépenses de l’Assurance Maladie.

Portrait de Julia Neuville

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