Au CHU Martinique/Pointe-à-Pitre, « beaucoup d’innovations au service des internes »

Bon dernier en 2019, dans les trois dernières places en 2020, le CHU de Martinique / Pointe-à-Pitre monte de… 10 places dans notre classement des CHU cette année, pour accrocher la 16e position ! Entretien avec le vice-doyen de l’UFR Santé, le Pr Christophe Deligny.

WUD : Le CHU Martinique / Pointe-à-Pitre (auquel il faut associer la Guyane) a réussi un bond historique dans notre classement des Spé cette année : 10 places gagnées. Votre commentaire ?

Christophe Deligny : Je suis régulièrement votre classement, d’année en année. J’espère que ce bon résultat va nous encourager à essayer de nous améliorer encore !

WUD : Comment expliquez-vous ce bon résultat ?

C. D. : Nous proposons aux internes un environnement à taille humaine, qui semble presque familial par rapport à certains très gros centres hospitaliers. Nous faisons attention à leurs problèmes (ce qui n’est pas rare quand on est loin de chez soi).

WUD : Sans oublier le cadre très favorable. Peut-on parler d’un effet Covid ?

C. D. : Il y a certainement eu un effet Covid, car le confinement n’a pas été facile pour de nombreux étudiants… Nous bénéficions effectivement d’un cadre très agréable. Il y a un nombre de professeurs, de chefs de clinique de plus en plus important. Les étudiants sont conscients que la réforme du 2e cycle privilégie la compétence à la connaissance pure, et nous leur offrons la possibilité de développer leur savoir-faire, en leur donnant plus d’initiative (tout en maintenant en encadrement bien sûr).

WUD : Beaucoup d'investissements sont en cours dans les Antilles : un rattrapage en matière d'équipements, de plus en plus de PU-PH sur l'interrégion, de plus en plus de recherche…

C. D. : Nous allons avoir un tout nouvel hôpital à Pointe-à-Pitre. Nous n’avons pas de PET scanner en Martinique ; nous allons en obtenir un, ainsi qu’un PET scanner de recherche et un TEP-IRM, c’est assez rare d’être aussi bien équipé ! Cela va permettre d’améliorer le niveau de diagnostic. Il y a également un nouveau plateau technique en Martinique, qui est aussi à la pointe -beaucoup d’hôpitaux aimeraient disposer de tels outils. Je pense que ce sera aussi le cas en Guadeloupe quand le nouvel hôpital sera opérationnel, dans deux ans. Un pôle universitaire santé est en train de naître à côté du CHU de Martinique. Ajoutons un centre de simulation en santé de niveau 3 (il n’y en a pas beaucoup en France), à disposition des internes, pour améliorer leur apprentissage. Les formations du troisième cycle sont dématérialisées et nationales, faciles à suivre… Cela fait au final de nombreuses innovations au service des étudiants.

WUD : Ce sont donc ces investissements qui font la différence ?

C. D. : C'est la compréhension par beaucoup d'internes qu'on peut avoir une formation de qualité dans beaucoup de lieux, notamment hors des plus grandes métropoles.

WUD : Ce résultat est un encouragement mais une satisfaction aussi, dans ce contexte très difficile ?

C. D. : Oui, c’est une satisfaction, et j’espère qu’effectivement, elle ne sera pas gâchée par les difficultés que nous connaissons avec l’épidémie de Covid. C’était une période extrêmement difficile à vivre pour les médecins et les internes. Nous avons connu des vagues jamais observées en Métropole. Il n’y a bien heureusement pas eu de situations semblables à celles vues en Italie, avec des patients sans oxygène sur des parkings… Nous avons réussi à ouvrir en quelques semaines 500 lits Covid -pour rappel, nous en avions dix à l’origine.

WUD : Un mot sur la solidarité nationale dans ces moments difficiles ?

C. D. : Beaucoup d’internes ont pu voir que la métropole n’oubliait pas l’Outre-mer. Dans l’inconscient des soignants, cela fut salvateur.

Portrait de Thomas Renou

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