Accusé de sexisme, MeltingDoc s’excuse

La startup demandera l’avis des patientes pour ses futures vidéos

MeltingDoc, startup qui propose une appli de partage de cas cliniques entre médecins, a subi les foudres des internautes après avoir diffusé sur YouTube une vidéo jugée déplacée. Elle a annulé sa campagne et promet que la prochaine fois, elle fera attention.

 

C’est l’exemple même du bad buzz qui peut tuer une bonne idée. La startup MeltingDoc, voulant faire la promo de son appli d’entraide entre médecins, avait concocté une vidéo humoristique. Sauf que celle-ci n’a pas du tout plu aux internautes. Accusé de sexisme par des sites comme MadmoiZelle ou Femme Actuelle, MeltingDoc a dû s’excuser platement. Dommage, car leur appli a beaucoup de potentiel.

La startup propose en effet à ses utilisateurs de partager des cas cliniques. Le concept ressemble à MedPics ou à Figure1, à une différence près : l’appli est réservée aux médecins et aux internes.

La vidéo litigieuse ayant été retirée très peu de temps après sa mise en ligne, on ne dispose que de quelques captures d’écran effectuées par des internautes en colère (voir ci-dessous). Mais elle a été bien décrite, notamment sur le blog de Clara de Bort, directrice d’hôpital et féministe bien connue du monde de la santé.

Entre humour et chosification du patient

La scène est vue depuis le point de vue d’une patiente en gynéco, dont on ne voit que les jambes écartées. Son médecin se trouve visiblement en panne de diagnostic. Il appelle des confrères qui s’avèrent aussi démunis que lui. Arrive un interne, queue de cheval sur la tête et smartphone à la main. Il prend en photo l’entrejambe en question, partage sur MeltingDoc, et trouve le diagnostic en un clic.

Capture d’écran de la vidéo promotionnelle de MeltingDoc

Ce qui a choqué, bien sûr, c’est la « chosification » de la patiente. Celle-ci « regarde ce qui se passe, mais on ne la regarde quasiment jamais dans les yeux, on ne lui parle pas », dénonce Clara de Bort. Celle-ci fustige une « médecine dont la déshumanisation est poussée à son paroxysme », et se fait accusatrice. « Le diagnostic est posé, loin, par des fantômes », écrit-elle. « Il est partagé, sans elle, entre des médecins contents d’avoir trouvé le résultat. »

Profil bas

Contactée par la rédaction, l’équipe de MeltingDoc fait profil bas. « Ce qu’on veut dire, c’est qu’on s’excuse », insiste l’un des responsables. « Nous voulons créer une appli d’entraide pour favoriser la collaboration entre médecins sur les diagnostics difficiles, pas porter atteinte à l’image de la femme. »

La startup avoue avoir travaillé dans l’urgence. « C’était un petit budget, on a un peu fait ça à la va-vite », reconnaît notre interlocuteur. Il le jure, à l’avenir, l’entreprise fera appel à des associations de patientes pour valider ses vidéos. Car en dépit de son erreur, MeltingDoc compte bien poursuivre son chemin. « Nous continuerons à dénoncer la vieille médecine à l’ancienne, individuelle, et à privilégier une médecine moderne et collective », revendique le responsable que What’s up Doc a contacté.

On espère qu’ils auront tiré les leçons de leur mésaventure : hors des salles de garde, l’humour de salle de garde a tendance à perdre beaucoup de sa saveur.

Source: 

Adrien Renaud

Portrait de La rédaction

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