70 millions d'euros pour les urgences : du "foutage de gueule" pour les urgentistes

70 millions d'euros pour les urgences : est-ce assez ?
70 millions d'euros pour les urgences : est-ce assez ?

L'installation de la mission nationale sur les urgences aura été l'occasion pour la ministre de la Santé Agnès Buzyn d'annoncer des mesures concrètes. 

Profitant de l’installation de la mission nationale sur les urgences, présidée par le professeur Pierre Carli et par le député Thomas Mesnier, Agnès Buzyn, ministre de la Santé, a annoncé des mesures concrètes pour les urgentistes, en mettant sur la table 70 millions d’euros. Il s'agit ni plus ni moins que du chiffrage de mesures d'ores et déjà annoncées la semaine dernière. Avant d'annoncer ces enveloppes, la ministre s'était hasardée, hier, à faires des relations publiques en rendant visite aux personnels des urgences de l'hôpital Saint-Antoine (Paris), le premier SAU à se mettre en grève en mars dernier. 
 

Ces 70 millions d'euros serviront à financer une prime individuelle de 100 euros nets mensuels versés à l’ensemble des personnels des urgences, hors médecins. Cette prime individuelle sera versée dès le 1er juillet 2019. Cette prime s’ajoute à la prime de coopération pour le personnel paramédical d’un montant de 100 euros bruts mensuels, « permettant une délégation de tâche du personnel médical vers le personnel paramédical », sans préciser la date de premier versement de cette prime. 

 

Agnès Buzyn a par ailleurs confirmé le déblocage d’une enveloppe qui sera d’un montant de 15 millions d’euros, entièrement dévolue aux recrutements d’effectifs en cas de situations exceptionnelles. Le plafond des heures supplémentaires sera également rehaussé, à 20 heures par mois, ou 240 heures par an. 

Il faudra aussi compter sur un plan de modernisation des locaux et des équipements de service dont les contours ne sont pas encore définis. D’autres annonces feront suite à la remise du rapport de la mission nationale du Pr Pierre Carli et de Thomas Mesnier. Contacté par What's up Doc, Abdel Dougha, membre du collectif Inter-Urgences, qui regroupe l'ensemble des SAU en grève en France, dénonce à titre individuel "un foutage de gueule". Même son de cloche du côté de l'urgentiste le Dr Gérald Kierzek : 
 

Le collectif Inter-Urgences se prononcera pour sa part après leur assemblée générale qui aura lieu en début de semaine prochaine. 

 

Portrait de Jean-Bernard Gervais

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