Antilles-Guyane, l'exotisme en filigrane

Une médecine humaine

Charlotte Stahl, présidente du Bureau des internes de Guadeloupe ou BIG UP, interne en 3e semestre de MG et Alsacienne, a fait le choix des Caraïbes : « Tant qu’à partir, autant que ce soit loin. » Elle découvre avec bonheur les Antilles : « On y apprend une médecine humaine, une culture différente, il existe une plus grande proximité avec les patients ». Et avec les chefs aussi. Plus encore depuis l’incendie qui a ravagé le CHU en novembre 2017, la solidarité est de mise : « il est certain que les conditions de travail ne sont pas optimales, que nous n’avons pas de chambres de garde mais qu’au regard des besoins - certains blocs parmi les 12 existants n’ont pas rouvert - ça n’est clairement pas la priorité ». Et de relativiser : « Nous vivons dans un super cadre, souvent en collocation et les maisons font presque office d’internat ! Lorsque l’on arrive ici, on est loin de tout mais on se fait vite une grande famille. » Une vraie médecine de la débrouille : « Ici nous sommes loin de la surspé’, la polyvalence est de mise, on apprend à tout faire. Par exemple, nous avons une spé’ bien à nous, combinaison de maxillo’ et ORL, très complète. » Autre particularité, les semestres que les internes doivent faire en métropole, grâce auxquels ils peuvent choisir des CHU qu’ils n’auraient pas eus avec leur classement. Moyennant le financement intégral par l’interne de ses billets d’avion qui perçoit cependant un salaire majoré pour compenser le coût de la vie antillaise.

Faire son internat aux Antilles-Guyane, c’est un peu naviguer. D’abord entre la Guadeloupe et la Martinique, puisque les internes effectuent au moins un an sur chaque île. Puis, éventuellement vers la Guyane, voire la métropole pour certaines spécialités qui reviennent y faire quatre semestres. Les internes choisissent souvent la région pour voir du pays. Les deux tiers viendraient de métropole. « Moi je suis parti un peu sur un coup de tête, j’avais besoin de voir d’autres choses, explique ainsi Florian, interne en médecine générale et urgences. A Grenoble tout était très organisé, un peu trop simple, il me semblait que pour apprendre j’avais besoin de changer nettement de milieu et d’établissement. » Attention, pour certaines spécialités comme la pédiatrie, il n’y a pas de cours magistraux.

 

Le restaurant le Baba au Rhum, non loin du CHU de Fort-de-France

Le magazine What’s Up Doc est édité par l’agence Planète Med.