Un médecin sous contrôle de la Sécu sur les arrêts de travail : le cas du Dr Dominique Tribillac

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À Dieppe, le Dr Dominique Tribillac, médecin généraliste de 70 ans, est au cœur d'une polémique avec l'Assurance maladie. Installé depuis 35 ans dans le quartier du Val Druel, il se voit reprocher par la Sécurité sociale de délivrer trois fois plus d'arrêts de travail que la moyenne. Pourtant, le docteur défend ardemment ses actes, soulignant la précarité sociale de ses patients. Face à cette mise sous surveillance, il refuse de se plier aux exigences administratives, dénonçant une injustice criante.

Un médecin sous contrôle de la Sécu sur les arrêts de travail : le cas du Dr Dominique Tribillac

© Midjourney x What's up Doc

Depuis 2023, le Dr Dominique Tribillac vit une fin de carrière mouvementée. L'Assurance maladie lui reproche de délivrer près de trois fois plus d'arrêts de travail que la moyenne, soit 4 911 journées indemnisées pour 16,7 jours d'arrêts par patient, du 1er septembre 2022 au 28 février 2023 quand la moyenne pour des zones comparables est de 5,9 jours d’arrêts par patient. Cette situation a conduit la Sécurité sociale à exiger que chaque arrêt maladie qu'il signe soit validé au préalable par un médecin-conseil.

Un médecin au service des quartiers défavorisés

Le quartier du Val Druel à Dieppe est reconnu comme étant prioritaire dans la politique de la ville. Dominique Tribillac souligne la sociologie particulière du lieu où la précarité sociale est omniprésente. « Dans un quartier défavorisé, les besoins sont beaucoup plus importants. Les gens sous le seuil de pauvreté ont davantage de maladies. Ils sont usés. Obligés de se mettre en invalidité avant la retraite. Il y a trois jours de carence. C’est impossible qu’il y ait des arrêts de complaisance. Au contraire, je suis obligé de me fâcher pour que des gens qui ont le dos bousillé se mettent en arrêt ! » se révolte-t-il dans Paris Normanie.

Un bras de fer avec l'administration

Dans un premier temps, l'Assurance maladie avait demandé au généraliste de diminuer de 20% ses prescriptions d'arrêts de travail : « J’ai refusé cette sanction injustifiée, parce que la Sécurité sociale ne prend pas en compte la réalité des ressources des habitants de ces quartiers populaires, bien qu'elle se glorifie du contraire. » déclare-t-il à France 3 Normandie.
Malgré ses explications sur la réalité sociale de son quartier, l'Assurance maladie persiste dans sa démarche de contrôle accru. Elle a donc décidé de soumettre les arrêts de travail du médecin à l'accord préalable du service de contrôle médical pour une durée de quatre mois, jusqu'au 31 mai 2024. Une décision qu'il conteste vivement, estimant que cette mesure va pénaliser ses patients, déjà fragilisés par leur situation précaire.

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Le soutien de ses patients et une pétition en ligne

Face à cette situation, Dominique Tribillac ne reste pas inactif. Soutenu par bon nombre de ses patients, il a décidé de saisir le tribunal administratif de Rouen pour contester cette décision de l'Assurance maladie. De plus, il a lancé une pétition en ligne intitulée Pour de meilleures indemnités maladie dans les quartiers populaires. Cette pétition a déjà recueilli plus de 150 signatures, démontrant ainsi le soutien de la population à sa cause.

Source:

Paris Normandie - France 3 Normandie

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