© Midjourney x What's up Doc
Jeune médecin nucléaire « engagé, motivé, consciencieux », Louis* s’était donné la mort en 2020 dans un hôpital francilien.
« Surcharge de travail, manque de moyens, glissement tâches »... Le jeune chef de clinique avait pourtant alerté « ses collègues, son chef de service », pointe le syndicat Jeunes Médecins IdF qui avait déposé plainte en 2021, pour harcèlement moral, mise en danger et homicide volontaire.
Dès son arrivée dans le service de médecine nucléaire, miné par le manque d’effectifs, Louis avait écrit à l’un de ses amis, évoquant qu’il allait « essayer de (s)’accrocher » mais qu’il ne « sa(vait) pas si (il allait) y arriver », selon la décision judiciaire consultée par What’s up Doc.
Des causes multiples
L’instruction n’a pas permis de caractériser d’infraction pénale, la justice rappelant qu’un suicide est « multifactoriel ».
La justice, qui souligne toutefois la difficulté à détecter les risques psychosociaux dans le milieu hospitalier, a mis en avant les antécédents psychiatriques et un suivi médical antérieur à l’arrivée du médecin dans le service, des éléments qui ont pesé dans l’analyse du passage à l’acte.
De plus, « si l’information judiciaire a permis d’établir que les conditions d’exercice au sein du service avaient pu générer des tensions et pression pour Louis* en raison notamment des problèmes de sous-effectifs (…) l’information n’a pas permis d’établir que cette situation avait eu, avec certitude, une incidence dans son geste suicidaire », peut-on lire dans l'ordonnance.
Concernant les soupçons de harcèlement moral, l’enquête n’a pas permis d’établir des agissements « répétés » et « ciblés » de la part de la hiérarchie du praticien, « qui auraient pu porter atteinte à sa dignité (ou) altérer sa santé ». De même pour le chef de mise en danger, où la justice, n’a pas retenu de faute caractérisée, imputable à qui que ce soit.
Pour Jeunes Médecins IdF, qui « prend acte de la décision », la démarche n’avait pas pour objectif de « désigner des coupables à tout prix », mais de « refuser l’invisibilisation des suicides de jeunes médecins et exiger que chaque drame donne lieu à une véritable politique de prévention ».
Le syndicat interroge toutefois : « Est-il acceptable que les conditions de travail puissent ne serait-ce « contribuer » à la détresse psychique de jeunes médecins ? ».
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