Sport des enfants : Sorti de terrain pour le certificat médical obligatoire

Depuis le 8 mai dernier, plus besoin de se rendre chez le doc’ avant de commencer une activité sportive pour les enfants. Pensée notamment pour libérer du temps médical, cette décision pourrait nuire au suivi régulier des enfants. 

Passer par la case médecin avant d’inscrire son enfant au tennis, au judo ou encore au foot : c’est terminé. Dans un décret paru le 7 mai dernier et effectif dès le lendemain, le gouvernement a annoncé que le certificat médical obligatoire pour la pratique sportive des enfants était remplacé par un questionnaire à remplir par le petit sportif et ses parents.

Un petit tremblement de terre sur la planète pédiatrique qui n’a pourtant rien d’une surprise. Annoncé de longue date, ce changement s’inscrit dans le cadre de la loi d’accélération et de simplification de l’action publique du 7 décembre 2020. Les objectifs revendiqués du gouvernement ? Favoriser l’accès à la pratique sportive, simplifier la vie des familles, faciliter la gestion administrative des clubs sportifs ou encore libérer du temps médical.

Désormais donc, les seuls enfants à faire un détour par le cabinet avant d’entamer leur discipline seront ceux qui pratiquent un sport « à contraintes particulières ». Les autres devront remplir un questionnaire avec l’aide de leurs parents donnant voie à une consultation en cas de mauvaise réponse. « Ce n’est pas complètement médical, mais au moins ils ne ferment pas la porte au suivi », commente Brigitte Virey, présidente du Syndicat National des Pédiatres Français.

Un petit chambardement donc qui vient avec son lot de bons… et mauvais points. « Pour ceux qui faisaient une activité peu exigeante physiquement, le certificat n’était pas nécessaire, poursuit la pédiatre. Mais pour les autres pourtant, c’était une bonne chose ».

Pour autant, ce qui inquiète désormais la profession est de ne pas pouvoir apporter aux enfants un suivi régulier. « Avoir des certificats à remplir, cela permet de voir régulièrement les enfants », explique la Présidente. Dépistage visuel, auditif ou encore statique vertébrale… « C’était l’occasion de reprendre tous les problèmes possibles », poursuit Brigitte Virey. Cela, surtout dans les rangs des « grands » qui désertent les cabinets médicaux à partir de sept ans. « Et un suivi régulier pour les enfants, c’est quand même bien », conclut la pédiatre.

Portrait de Julia Neuville

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