Simulation numérique : la fin du tour de France de SimforHealth

L’heure du bilan

Après une année passée à sillonner les routes de France, les organisateurs des Rencontres de la Simulation numérique en santé ont évalué le développement des outils numériques dans la formation. La simulation peine encore à s’imposer, mais les attentes des professionnels de la santé sont visiblement élevées.

Quatorze villes de France et de Belgique, 25 000 km parcourus, plus de 2000 participants et 530 démonstrations. L’équipe des Rencontres de la Simulation numérique en santé (RSNS) n’a pas chômé en 2017. Un an après le début du tour de France des CHU, des facultés de médecine, des écoles de formation aux soins infirmiers ou encore des centres de simulation, c’est l’heure du bilan.

La simulation numérique se cherche encore

Et la première étape est toujours la même : reconnaître le problème. « Sur les outils numériques, nous sommes un peu en retard en France », confie Guillaume Brun, pharmacien de formation et responsable des relations avec les professionnels de santé chez SimforHealth, l’organisateur de ces rencontres. La simulation médicale est encore en développement. « Les centres de simulation sont équipés, mais pas forcément en numérique ».

Le convoi est donc allé à la rencontre des acteurs universitaires, notamment. Car si la simulation numérique commence à prendre de l’importance dans la formation continue, souvent grâce à des financements de laboratoires pharmaceutiques, les facultés françaises ont du mal à s’y mettre.

« On observe une certaine disparité régionale », ajoute Guillaume Brun. À part quelques-unes – comme Angers qui a investi dans une table d’anatomie numérique, ou Dijon qui s’est équipée de casques de réalité virtuelle –, le chantier est encore important.

Des retours très positifs

L’objectif des Rencontres SNS pour SimforHealth, éditeur de solutions numériques, était donc le suivant : prendre le pouls des attentes et des besoins, et faire découvrir le champ des possibles en simulation numérique.

À chaque étape du périple, deux temps forts étaient organisés. Les journées étaient essentiellement consacrées à des démonstrations, notamment devant un public étudiant, apparemment conquis. « Les retours étaient extrêmement positifs, et beaucoup nous demandaient comment ils pouvaient utiliser les outils dans leur formation », souligne le pharmacien.

Ensuite, des conférences étaient organisées, avec des enseignants, des représentants de formations en soins infirmiers, en chirurgie, ou encore en médecine générale. Avec des intérêts différents : les chirurgiens ont plutôt étudié les solutions de réalité virtuelle ou augmentée, et les MG les simulateurs de consultation.

Pédagogie et financement

Mais pour passer la barrière universitaire et s’installer dans la formation initiale, la simulation numérique doit encore convaincre. « Nous avons besoin d’études d’impact sur la pédagogie », poursuit Guillaume Brun. « Nous devons justifier la plus-value pédagogique, et montrer l’effet bénéfique d’une technologie ludique sur la motivation des apprenants ».

Il faudra ensuite s’interroger sur la place à réserver à cet apprentissage. Doit-il venir en remplacement de certaines formations classiques ? « Nous commençons à nous projeter sur une approche complémentaire des outils pédagogiques classiques (amphis, ouvrages médicaux), avec une mise en pratique par la simulation », explique Guillaume Brun. Avec un intérêt non négligeable : en plus du travail en centre de simulation, il sera possible d’apprendre seul pour maîtriser des procédures et les environnements, et donc pour générer des automatismes.

Autre obstacle de taille : le financement, qui peut rebuter les facultés et autres centres de simulation. Mais là encore, SimforHealth propose un modèle économique, qui repose sur la mutualisation des contenus pédagogiques. En clair, l’investissement matériel peut être amorti par la création et la diffusion (la vente) de cas cliniques virtuels sur la plateforme qu’ils ont créée, MedicActiV. Un modèle qui profiterait à tous, en diminuant l’investissement et en multipliant l’offre de simulation.

Source: 

Jonathan Herchkovitch

Portrait de La rédaction

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