Tout jeune médecin stresse de se retrouver dans une situation qu'il n'a jamais rencontrée, mais en vieillissant on prend aussi des habitudes de confort. Alors un couac technique ou pire un plan blanc, et ça peut tourner à la panique. Ne parlons pas de se retrouver à opérer à la frontale, avec des pannes du groupe électrogène, un matériel limité, et un support inexistant en cas de complication. La médecine humanitaire, particulièrement dans les missions sur des catastrophes naturelles, combine tous ces aspects. Alors, pour s'y préparer, différentes formations utilisant la simulation ont été développées.
Par exemple EmergenSim, qui propose des exercices dérivés de l'entraînement des militaires pour les missions à l'étranger. Ses deux axes : la gestion des situations critiques en structure de soins, et la prise en charge des urgences en conditions dégradées ou extrêmes (environnement difficile, situation de conflit ou de catastrophe). Son fondateur, le Pr Debien, est un ancien militaire qui a l'expérience des opérations d'aide médicale militaire et d'évacuations sanitaires. « Ces formations sont tout à fait adaptées à des missions médicales humanitaires, les paramètres sont ajustés aux moyens locaux, pour entraîner les apprenants dans les conditions les plus proches de leur future mission ».
Et puis, comme il dit : « On apprend avec sa tête, mais on retient avec ses tripes. La simulation s'adresse aux deux ».
Source:
Sarah Balfagon
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