Rémunérations, carrière, management : que retenir du Ségur ?

Sur le parvis de Matignon, deux ministres étaient présents, ce lundi, pour signer officiellement les accords du Ségur de la santé. “Cet effort historique se veut d’abord une reconnaissance considérable à l’égard de celles et ceux qui ont été en première ligne dans la lutte contre cette épidémie”, a déclaré le Premier ministre, Jean Castex. A ses côtés, le ministre de la Santé, Olivier Véran. Rémunérations, changements à venir, organisation, que retenir ? WUD fait le tour des mesures. 

Trois protocoles d’accord distincts ont été actés. L’un pour les PH, un autre pour les internes et le dernier pour les paramédicaux et non-médicaux. Ces derniers ont obtenu une hausse de 180 euros net par mois de salaire. Une première revalorisation de 90 euros sera effective au 1er septembre et la seconde attendra mars 2021. Le protocole d’accord prévoit aussi une refonte des "grilles" de salaires pour certains métiers de soignants et de médico-techniques. De plus, 15.000 postes de soignants devraient être créés. Les internes, et les étudiants en médecine ont eux obtenu une enveloppe de 200 millions d’euros au total pour permettre un “meilleur respect du temps de travail”. Les indemnités journalières devraient aussi être portées au niveau du SMIC horaire.

Pour les salaires des PH

Le troisième protocole d’accord, concerne les médecins hospitaliers avec un budget global de 450 millions d’euros. Cela doit couvrir l’augmentation de la prime “service public exclusif” versée aux PH qui ne travaillent qu’en hôpital public. Elle doit passer de 490 euros brut par mois, temps plein en début de carrière, à 1.010 euros brut mensuels. Une première hausse interviendra au 1er septembre, l’autre arrivera au 1er mars au 2021. A cela s’ajoute une révision des grilles de salaires dès le 1er janvier 2021, la suppression des trois premiers échelons, et la création de trois autres au sommet de grille.

Des formations au management

De nouvelles possibilités d’évolution devraient être mises en place d’ici le 1er janvier 2022, comme la généralisation des entretiens professionnels, l’ouverture de passerelle pour diversifier les activités, ou faciliter les passages entre établissements privés et publics. Pour les formations, il est prévu de “structurer et de simplifier” leur accès et de mettre en place des formations au management. L’accord inclut aussi des dispositions sur la santé des médecins avec des visites médicales rendues obligatoires, ou encore des mesures pour encadrer l’intérim avec un “respect strict” du plafonnement des rémunérations. A terme, cet accord veut “réformer les conditions du recours à l’emploi contractuel à l'hôpital”. Une fois par trimestre, un comité de suivi devra se réunir pour suivre l’avancée des mesures et les aménager “le cas échéant”.

Côté PH, deux des cinq syndicats ont refusé de signer l’accord : Action praticiens hôpital (APH) et Jeune Médecins (JM). Ils dénoncent, l’absence de décompte du temps du travail, la non prise en compte des contractuels, la non revalorisation des débuts de carrière et des gardes. “On veut bien améliorer cet accord, explique Jean Trévidic président de l’APH, mais en l’état nous ne pouvions le signer. Il n’y a rien, par exemple, sur la réorganisation de l'hôpital face au Covid-19.” De nombreuses manifestations sont prévues, mardi 14 juillet à travers toutes la France. A Paris, le cortège partira à 14h de la place de la République.

Portrait de Elodie HERVE

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