Réforme du 3e cycle : le syndicat des internes en grève

L’Isni s’échauffe

Ce mardi, le syndicat des internes Isni a démarré une grève « illimitée » à l’échelle nationale. En cause : une réforme du 3e cycle « bâclée », selon eux. What’s up Doc revient sur la grogne.

Une chose est sûre, le prochain locataire du 14 avenue Duquesne aura du pain sur la planche. Ce matin, ils sont près de 1000 internes à avoir suivi l’appel à la grève lancé par l'Isni. En tout, c’est une vingtaine de CHU qui ont été concernés dans toute la France. La raison : une réforme du 3e cycle jugée « bâclée ». Les internes ont obtenu, entre autres, le soutien de la confédération des syndicats médicaux (CSMF) et celui des médecins libéraux (SML).

« La grève est illimitée à partir d’aujourd’hui », explique Olivier Le Pennetier, président de l’Isni. Cette date n’a pas été choisie au hasard puisque se déroule, en parallèle, l’examen des textes par le Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (CNESER). « Une réunion a été organisée avec les conseillers santé du ministère de la santé et du ministère de l’enseignement supérieur mais aucune solution n’a été apportée », précise le syndicaliste.
 

Des revendications multiples

Mais au final, que veulent les internes ? Leurs revendications s’articulent autour de trois axes. Le premier concerne la dernière partie de l’internat, la phase 3. « Cette phase est pour l’instant très vague », regrette Olivier le Pennetier. « Ferons-nous des gardes en tant qu’étudiants ou en tant que seniors ? Nous n’avons aucune garantie sur notre futur statut », ajoute-il. Mais surtout, le syndicat des internes craint une diminution voire une disparition du nombre de poste d’assistants et de chefs de clinique-assistants (CCA). « Il faudra bien financer la phase 3 », rappelle le président.

En second, les internes demandent l’allongement du DES de certaines spécialités. « La cardiologie, la néphrologie et l’hépato-gastroentérologie sont des spécialités dont l’ensemble des praticiens réclament une année supplémentaire de formation », explique le président de l’Isni. Actuellement l’internat dure entre trois et cinq ans avec pour certains DESC la nécessité d'un post-internat d'un an ; soit six années de formations pour certaines spés. « Avec la réforme du 3e cycle, la formation risque de passer à quatre ans dont une année d’assistanat », se scandalise Olivier Le Pennetier. Pour lui, c’est clair, la qualité des soins est en danger.

Pour finir, les internes s’inquiètent du télescopage entre les internes actuels et ceux de la génération à venir. « Nous craignons un surbooking des postes en CHU et une désertion des postes en CH », explique le président de l’Isni qui souhaite une transition progressive. « Malheureusement, le ministère reste sourd à nos arguments. »
 

Rien de bon dans la réforme ?
 

Toutefois, le syndicaliste reconnaît certains bons points à la réforme. « Nous souhaitions aussi une réforme des études médicales pour améliorer la formation », admet-il. « L’uniformatisation national de l’enseignement avec le développement de nouveaux outils pédagogiques comme la simulation et de l’e-learning est une bonne chose. »

Pour la suite, l’Isni attend des garanties fortes. « Nous voulons participer activement, le 21 avril prochain, au décret en conseil d’état concernant le statut de la phase 3 », affirme Olivier Le Pennetier.

 

Source: 

Im`ene Hamchiche

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