Prescription : il va y avoir du sport

Dans moins de deux mois, les médecins pourront prescrire du sport sur ordonnance aux patients en ALD. Un dispositif pas si nouveau que ça.

 

A partir du 1er mars, les médecins pourront prescrire de l’activité physique aux patients souffrant d’affections de longue durée (ALD). Un décret d’application de la loi santé paru fin décembre précise les modalités concrètes de l’entrée en vigueur de cette pratique du sport sur ordonnance. Mais depuis plusieurs années déjà, les prescriptions d’activité physique fait partie de l’arsenal thérapeutique… au moins chez certains médecins.

Strasbourg, par exemple, est l’une des 40 villes françaises à déjà appliquer un programme nommé « sport santé ». Débuté en 2012, le dispositif strasbourgeois compte aujourd’hui 300 médecins participants et 1500 patients bénéficiaires.

« L’efficacité du sport n’est plus à prouver »

Concrètement, comment ça se passe ? Les médecins strasbourgeois ont à leur disposition un formulaire et orientent les patients vers des ergothérapeutes, des psychomotriciens ou tout autre animateur sportif certifié. Ceux-ci font un retour au médecin avec un protocole d’activité physique. Le choix de l’activité physique est laissé au professionnel du sport mais le médecin, s’il souhaite, peut également donner son avis.

A Strasbourg, ce ne sont pas seulement les patients en ALD qui bénéficient du programme. « Le programme sport santé s’adresse aussi aux patients obèses, hypertendus et sera élargi à toutes les personnes fragilisées », explique Alexandre Feltz, généraliste et adjoint au maire de Strasbourg.

Selon lui, l’efficacité du sport santé n’est plus à prouver et les preuves scientifiques sont très fortes. « Le sport réduit de 30 à 40 % le diabète non insulino-dépendant et les risques du cancer de sein, entre autres », rappelle-t-il. La Haute autorité de santé (HAS) a d’ailleurs publié en 2011 un rapport sur les prescriptions non médicamenteuses validées, dans laquelle le “sport santé” était reconnu comme une thérapeutique valide.

Les médecins sont pour

Quand on lui demande si la généralisation du sport sur ordonnance est une bonne nouvelle, Alexandre Feltz acquiesce. « Le sport santé est une prescription d’avenir pour les médecins : ils l’intégreront comme un médicament à part entière »,se réjouit-il. Mais les inquiétudes ne manquent pas d’après lui, notamment sur le plan financier. Il regrette par exemple que le remboursement du sport sur ordonnance par la Sécurité sociale ne soit pas prévu par le décret qui vient d’être publié.

« Sans remboursement, les inégalités sociales de santé risquent de s’aggraver », remarque le généraliste. Il souligne qu’à Strasbourg, différents acteurs de la santé publique soutiennent l’initiative comme l’ARS, la direction régionale jeunesse et sport et les complémentaires santé. La première année d’accompagnement sportif est donc gratuite, puis les patients bénéficient d’une tarification solidaire la deuxième et la troisième année.

Remboursement ou pas, les médecins semblent prêts à jouer le jeu du sport sur ordonnance. Selon une étude Ifop réalisée auprès de 600 généralistes libéraux, 80 % estiment que la prescription d’une activité physique par le médecin traitant est une bonne idée. Les trois quarts reconnaissent même avoir déjà prescrit une activité physique à un patient.

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