Pour lutter contre Ebola, la Banque mondiale allonge la monnaie

200 millions de dollars mobilisés pour enrayer l'épidémie

L'épidémie d'Ebola aurait déjà tué 887 personnes en Afrique de l'Ouest, d'après le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) au 1er août. Face à ce virus dévastateur, la Banque mondiale a décidé de déployer les grands moyens : elle va débloquer 200 millions de dollars afin d'aider la Sierra Leone, le Liberia et la Guinée, les trois pays touchés par l'épidémie, à maîtriser la dissémination du virus. De son côté, la Banque africaine va mettre 60 millions de dollars sur la table. Les Etats-Unis ont également promis des équipements et une expertise technique.
Objectif de ces financements d'urgence : renforcer les capacités des pays concernés à ralentir la transmission du virus et à prévenir sa diffusion vers de nouvelles régions. La situation est en effet inquiétante : au Libéria, plusieurs cliniques ont fermé dans la capitale, Monrovia. Les médecins sont en effet terrorisés à l'idée d'attraper eux-mêmes le virus en soignant les patients. Difficile de leur en vouloir, alors qu'ils sont en première ligne et que le bilan des médecins décédés s'alourdit de jour en jour. Plus de 60 médecins auraient déjà succombé à Ebola et les équipes internationales ont décidé de quitter le pays suite à la contamination de deux humanitaires américains.

Mais ce regain d'intérêt pour une épidémie qui fait rarement la une des journaux ne fait pas l'unanimité. Le président de l'Alliance Gavi, un partenariat public-privé qui œuvre à accélérer les progrès dans le domaine de la vaccination, rappelle ainsi que « le virus Ebola fait moins de victimes que d'autres virus », comme la rougeole ou l'hépatite C. « Bien que l'Ebola provoque d'affreuses souffrances et une mise en quarantaine, [...] d'autres maladies tout aussi horribles méritent qu'on les prenne également au sérieux », estime le Dr Seth Berkley, dans une tribune publiée sur le site du Huffington post.
Il dénonce notamment l' « attitude de complaisance pernicieuse » qui a entraîné une « baisse significative du taux de vaccination dans de nombreux pays occidentaux. Résultat : ces maladies réapparaissent avec une telle vigueur que nous les exportons même vers des pays pauvres. Comment peut-on accepter que des gens meurent de maladies pour lesquelles existent des vaccins sûrs et efficaces ? C'est pourtant dans ces mêmes pays que l'on s'insurge de l'absence de traitement contre l'Ebola », pointe-t-il. « Ce qui est très positif, c'est que l'épidémie actuelle fait l'objet d'une attention exceptionnelle »,note-t-il néanmoins. Il espère que « cela permettra d'avancer sur certains traitements et vaccins prometteurs dont l'expérimentation était jusqu'ici au point mort ».

(Avec APM)

Source: 

A.-G.M.

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