Pour les étudiants en médecine de McGill, le racisme est une crise de santé publique

À Montréal, des étudiants en médecine exhortent la municipalité à considérer le racisme et les violences policières comme une crise de santé publique, et à y remédier. 

Alors qu’en France, antiracistes politiques et antiracistes « moraux » n’en finissent pas de s’écharper au sujet de l’affaire « globule noir », à Montréal, les étudiants en médecine considèrent le racisme et les violences policières à la hauteur d’un problème de santé publique, et prennent des initiatives pour le combattre. Il s’agit des étudiants en médecine de l’Université Mc Gill, qui ont récemment mis en ligne une publication sur les réseaux sociaux au sujet de leur initiative contre le racisme.

« En tant qu’étudiant.e.s au programme de médecine de l’université McGill, nous sommes préoccupé.e.s par le racisme dirigé contre les noir.e.s et les autochtones », commencent-ils dans leur publication. Et ajoutent : « Dans ce communiqué, nous demandons à la ville de Montréal de reconnaitre le racisme anti-noir et anti-autochtone comme une crise de santé publique, de répondre aux demandes visant à définancer la police et d’allouer les fonds municipaux libérés à des systèmes d’intervention soutenues par les communautés noire et autochtone et par les preuves en santé publique ». Ce racisme systémique de la police de Montréal est mise en évidence, poursuivent-ils, dans un rapport publié l’an dernier. « Les Noirs représentent 27% des personnes interpellées, 20% des personnes accusées, ou arrêtées, et 13 % des personnes contrevenantes aux règlements municipaux mais ils ne représentent que 9,5% des personnes servies par le service de police de Montréal ».

Démantèlement policier

Aussi, les étudiants en médecine de McGill saluent les initiatives prises en interne par la police de Montréal pour mettre un terme aux violences policières contre les minorités ethniques, comme la consultation des « organismes communautaires et des organismes de santé lors de l’élaboration de la nouvelle politique d’intervention de la police », mais pensent qu’elles ne sont pas suffisantes en soi. Les instances législatives doivent mettre en place des réformes radicales à court, moyen et long terme comme « le démantèlement du service policier à Minneapolis ». Ils poursuivent : « le racisme est un déterminant social de la santé, selon le gouvernement du Canada[…] En tant que membres de la communauté médicale, nous sommes profondément préoccupé.e.s par les histoires de souffrance et de mort vécues par les personnes racisée et causées par la violence policière à Montréal […] Nous savons que des contacts traumatiques avec la police contribuent de manière défavorable à la santé mentale ». Ils rappellent que le racisme a « récemment été désigné comme une pandémie par l’american psychological association […] Nous appelons donc la ville de Montréal à reconnaitre que le racisme anti-noir et anti-autochtone est une crise de santé publique ».
Les étudiants en médecine citent une autre étude canadienne qui établit que « 30% des personnes atteintes de maladies mentales graves ont été en contact avec la police ». Contre les violences policières, les étudiants en médecine de McGill demandent à la ville de Montréal de « miser sur les méthodes d’intervention non policières basées sur des recherches probantes concernant les techniques de desescalade, d’intervention en situation de crise, ou de mise en relation d’individus à risque avec des ressources communautaires ou de santé ».
Dans leur communiqué, les étudiants en santé de McGill formulent 6 demandes : considérer le racisme anti noir et anti autochtone comme une crise de santé publique ; réviser la législation relative à l’usage de la force par les policiers ; augmenter le financement des services non policiers ; créer de nouveaux service en santé non policiers ; réduire le rôle de la police en sécurité publique ; prendre position sur les conséquences du financement de la police de Montréal sur le financement des ressources communautaires en santé mentale, le logement, les loisirs, le travail de rue, et les programmes pour sans-abris.

Portrait de Jean-Bernard Gervais

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