Plus la densité médicale est forte, plus les dépassements d’honoraire baissent

Si vous voulez pratiquer des gros dépassements d'honoraire, installez-vous plutôt dans les zones sous-denses !

La Direction de la recherche des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) a publié une petite étude qui tend à prouver que les mécanismes de la concurrence s’appliquent aussi à la médecine libérale de secteur 2. Pour arriver à ce constat, la Drees a étudié l’évolution des honoraires entre 2011 et 2014 chez les gynécologues, ophtalmologues, et pédiatres. Ainsi, le prix du médecin diminuerait de 0,71% dans le cas d’une augmentation de 1% de la densité médicale en secteur 2 à proximité. « Autrement dit, un médecin spécialiste de secteur 2 qui voit s’installer dans sa commune un confrère exerçant lui aussi en secteur 2 serait amené, à population donnée, à baisser son prix de 3,5 % en moyenne », détaille la Drees.

S’il s’agit de l’installation d’un médecin de secteur 1, l’incidence pour le médecin de secteur 2 installée serait deux fois moindre. Comme pour compenser cette baisse des prix, le volume de soins fourni par le médecin de secteur 2 a tendance à augmenter : la hausse serait de 3% en cas d’arrivée d’un nouveau médecin dans la commune. Les spécialités techniques comme l’ophtalmologie ou la gynécologie-obstétrique, voit le nombre de leurs consultations baisser, mais compensent en effectuant plus d’actes techniques. En revanche, les pédiatres et les gynécologues médicaux ne peuvent multiplier les actes techniques puisque ces derniers ne représentent que 10% de leur activité. Autre enseignement de cette étude : les médecins ont tendance à augmenter plus fortement leurs dépassements d’honoraire dans les zones riches. Mais dans les zones à forte densité de médecins en secteur 1, les médecins en secteur 2 pratiquent des dépassements d’honoraire moins élevés. Aussi, les mécanismes de concurrence ne semblent fonctionner qu’en secteur 2. En secteur 1, « l’offre de travail ne semble dépendre que des préférences individuelles du médecin »

Portrait de Jean-Bernard Gervais

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