Marre des agressions : le SAU de l'hôpital Saint-Antoine en grève !

Depuis le 18 mars, le service d'accueil et de traitement des urgences (SAU) de l'hôpital Saint-Antoine est en grève. Cause de ce mouvement social : les agressions survenues depuis le début de l’année. Les grévistes en profitent aussi pour revendiquer une meilleure reconnaissance du travail du personnel urgentiste.
 

Après les urgences de l'hôpital Henri Mondor (Créteil) en janvier et bien d’autres sur le reste du territoire, c’est le SAU de l'hôpital Saint-Antoine (75012) qui a débuté une grève illimitée ce 18 mars. Elle a été annoncée par un préavis signé par la CGT, SUD-Santé et FO le 12 mars, et adressé au directeur de l’Assurance Publique - Hôpitaux de Paris, Martin Hirsch.
 
La grève, soutenue par 90 % des employés de jour et de nuit des urgences de l'hôpital parisien, a été votée à la suite de violences subies par des membres du personnel soignant. En effet, le 13 janvier 2019, deux infirmières et une aide soignante ont été agressées par un patient. Résultat : une interruption temporaire de travail (ITT) de huit jours pour chacune d'entre elles. Depuis, quatre nouvelles agressions ont été constatées sur des employés de l'hôpital, d’après la CGT.

Un lundi chargé pour la santé publique

Les personnels, pour prévenir ces agressions, revendiquent donc la mise en place de mesures de sécurité : caméras de surveillance, agents de sécurité présents 24/24 ainsi qu'un protocole de protection fonctionnelle en cas d’agression. Ajouté à cela, un dégel des postes à pourvoir et une augmentation de 300 euros par mois pour les employés du SAU. Olivier Youinou, co-secrétaire général de Sud-Santé, contacté par What's up Doc, affirme que « les urgences sont le miroir de l'hôpital, et qu'aujourd’hui, les services sont engorgés par les demandes de soins ». Avec une augmentation d’environ 3.5 % du nombre de passages aux urgences (en moyenne, sur le territoire français depuis 1996), les urgences risquent d'être vite submergées par les besoins de la population.

C’est à se demander si le timing est parfait ou planifié. En effet, le même jour débutait à l'Assemblée nationale l'examen du projet de loi de santé. Or, la sécurité des salariés des hôpitaux ne fait pas exactement partie des priorités de ce texte de loi. 
 
Cette grève du SAU (qui accueille à l’année près de 65 000 personnes à Saint-Antoine) sonne donc comme un avertissement. Pour Olivier Youinou, « le truc qui a allumé la mèche, c’est la multiplication des agression aux urgences, mais le tout est renforcé par un mutisme du gouvernement”.

Portrait de Angela Herrmann

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