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6 926 € nets par mois : une moyenne en trompe-l'œil
En 2024, les personnels médicaux de la fonction publique hospitalière (FPH) perçoivent en moyenne 6 926 € nets par mois en équivalent temps plein, soit un salaire brut moyen de 8 346 €. Ces chiffres peuvent sembler solides, et ils le sont, en valeur absolue. Mais rapportés à l'année précédente, ils accusent un recul de 0,3 % en euros constants.
Ce mouvement tranche avec la tendance générale observée dans la FPH. Tous statuts confondus, le salaire net moyen d'un agent hospitalier atteint 2 896 € par mois, en hausse de 0,7 % en euros constants. Les fonctionnaires progressent de 1,0 %, les non-fonctionnaires de 0,8 %. Les personnels médicaux sont la seule catégorie à reculer.
Un point de définition utile : la catégorie « personnels médicaux » retenue par l'Insee ne se limite pas aux seuls médecins. Elle englobe également les odontologistes, les pharmaciens, ainsi que les personnels enseignants et hospitaliers, pour ces derniers, seule la part de rémunération liée à l'activité dans la FPH est comptabilisée. Les sages-femmes, bien que profession médicale réglementée, sont quant à elles classées selon leur statut, parmi les fonctionnaires ou les non-fonctionnaires.
L'effet de noria : quand les départs tirent la moyenne vers le bas
Pour comprendre ce recul, l'Insee pointe un mécanisme bien identifié : l'effet de « noria ». Le principe est simple : les praticiens les plus âgés, donc les mieux rémunérés, quittent la FPH, tandis que les jeunes médecins qui les remplacent arrivent avec des salaires plus bas. Résultat, la moyenne de la catégorie s'érode, non pas parce que les rémunérations individuelles baissent, mais parce que la composition de la population change.
Ce phénomène est d'autant plus marqué chez les personnels médicaux que leur pyramide des âges est structurellement plus vieillissante que celle des autres agents. En 2024, 18 % des personnels médicaux ont 60 ans ou plus, contre 7 % des fonctionnaires et 4 % seulement des non-fonctionnaires. La vague de départs en retraite est donc plus soutenue, et son impact sur la moyenne salariale, plus visible.
Des écarts importants derrière la moyenne
La moyenne de 6 926 € nets mensuels ne doit pas occulter une réalité plus contrastée. Le rapport interdécile, qui rapporte le seuil de rémunération des 10 % les mieux payés à celui des 10 % les moins bien payés, atteint 2,77 au sein des personnels médicaux. Autrement dit, les rémunérations les plus élevées sont près de trois fois supérieures aux plus basses.
Ce rapport diminue certes de 0,05 point sur un an, toujours sous l'effet du même renouvellement générationnel. Mais il reste le reflet d'une catégorie très hétérogène : en haut de l'échelle, les 10 % des personnels médicaux les mieux rémunérés gagnent au moins 10 235 € nets par mois. Un niveau qui traduit des trajectoires professionnelles très différentes selon l'ancienneté, le statut, les fonctions exercées ou encore l'exercice d'une activité hospitalo-universitaire.
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